Page:Gourmont - Une nuit au Luxembourg, 1906.djvu/39

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Allons, dit-il, après un moment de silence, nous promener au Luxembourg.

MOI

Y pensez-vous ?

Cette fois il voulut bien rire. Il riait doucement.

Nous fîmes tout le tour de la sombre église, pour sortir par la rue Palatine. Je remarquai qu’il ne prit point d’eau bénite, et même, comme j’avançais la main vers la conque, il murmura :

— Inutile.

La nuit était complète. Nous gagnâmes en silence la rue Servandoni. Les rares passants nous croisaient ou nous dépassaient sans émotion, sans curiosité aucune. Une jeune femme cependant, qui descendait lentement la rue,