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SABLIÈRE — SABONÈRES

de-chaussée, le plus souvent sur un cours de parpaings, et sablières hautes celles qui, placées à la partie supérieure de chaque étage du pan de bois, reçoivent les abouts des solives du plancher haut de l’étage, tandis qu’on appelle sablière de chambrée la sablière qui, placée à chaque nouvel étage au-dessus des abouts des solives du plancher de l’étage intérieur, joue le rôle de sablière basse pour le nouvel étage. On appelle encore sablières les pièces de bois posées le long d’un mur sur des corbeaux ou accolées à des poutres auxquelles elles sont reliées par des étriers en 1er et qui reçoivent les abouts des solives d’un plancher aiin de ne pas l’aire d’encastrement dans le mur ou d’entailles dans les poutres. Dans un comble, on donne ce même nom de sablières aux cours de plate- forme posées sur les murs et recevant les pieds des chevrons du comble. Dans les charpentes apparentes des xv" xvi e siècles, les sablières ont été souvent ornées de sculptures et d’inscriptions. On y trouve parfois la date de construction des églises (Violaines, dans le Pas-de-Calais, ancienne église du Merville, dans le Nord, etc.). Ch. Lucas. SABLIÈRE (Antoine Rambouillet, sieur de La), poète et financier français, né à Paris en 16*24, mort à Paris eu 1679. Fils du riche financier Rambouillet, il devint un des régisseurs des domaines de la couronne, après avoir acheté une charge des finances. Riche, aimable et distingué, il épousa Marguerite Hessein (1654) qui était aussi jolie que gracieuse : les deux époux ne se gardèrent pas la fidélité jurée, mais vécurent en bonne intelligence ; la société la plus choisie se réunissait dans leur magnifique hôtel du faubourg Saint-Antoine où La Fontaine reçut la plus généreuse hospitalité. Auteur de madrigaux bien tournés, La Sablière a exposé ses principes de galanterie dans deux petits vers :

Il faut des charmes pour me prendre

Et des faveurs pour me garder.

Il s’éprit à la fin de sa vie de la fille d’un Hollandais, M" Manon van Ghangel et ne se consola pas de sa mort subite ; c’est pour elle qu’il a composé presque tous ses madrigaux dont le naturel et la finesse plurent à Voltaire. Son tils, Nicolas Rambouillet de La Sablière, a publié en 168 !) ces madrigaux qui ont été réédités en 1848 par Oh. Nodier dans la Collection des petits classiques français. Pli. B.

SABLIÈRE (Marguerite Hessein, de La), femme du précédent, née à Paris en 1636, morte en 1693. La Fontaine lui a dédié ses plus belles fables et vécut chez elle pendant vingt ans. Sieur d’un ami de Boileau et de Racine qui n’épargnait pas à ceux-ci des sarcasmes qu’ils redoutaient beaucoup, elle se prit de goût pour l’étude ; elle savait le latin ; Sauveur et Roben al lui apprirent les mathématiques, la physique, l’astronomie ; c’est pour elle que Bernier écrivit l’excellent abrégé du système de Gassendi. Boileau railla ce zèle dans sa célèbre satire contre les femmes, où il explique sa mauvaise mine d’un jour : Un astrolabe en main, elle a dans sa L’outtière A suivre Jupiter passé la nuit entière.

Le salon de M nu de La Sablière réunit ce qu’il y avait de plus brillant et d’illustre à Paris et à l’étranger ; toute la haute société galante de l’époque, Lauzun, Bochefort, Brancas, Chaulieu, La Fare, etc., fréquentaient chez elle oh ils retrouvaient les plus jolies femmes du temps. M me de La Sablière, par son esprit et sa courtoisie exquise, était l’âme de ce cercle choisi ; après avoir beaucoup aimé sans suite, elle s’attacha au marquis de La Fare avec une tendre fidélité partagée ; pendant deux ans la cour libertine de Louis XIV cria au miracle ; mais au bout de deux ans le marquis de La Fare alla chez la Ohanipmeslé ; cet abandon décida à la retraite M"’ e de La Sablière qui se retira aux Incurables et se livra à la dévotion. Pli. B. SABLIÈRES. Coin, du dép. de l’Ardèche, arr. deLargentière, cant. de Joyeuse ; 945 hab.

SABLIÈRES (Jean de Granouilhet, sieur de), musicien français du xvii^’ siècle, dont la vie comme les œuvres sont très mal connues. Nous savons seulement qu’il occupa la charge d’intendant de la musique de Monsieur, duc d’Orléans, frère de Louis XIV. Mais on ignore à quelle époque il prit possession de ces fonctions, à quelle époque il les abandonna, aussi bien que la date de sa naissance et celle de sa mort. Nous savons également d’autre part qu’il avait composé quelques opéras, un notamment joué en 4671 à Versailles, un autre l’année suivante qui peut-être ne fut pas représenté, et un troisième à Montpellier, en 1679, à l’occasion de la paix d’Espagne. Lully dut en conséquence voir en lui un rival dangereux dont, il fallait se délier et il employa sans doute tout son crédit à lui fermer la scène quand il en fut le maître. La liaison du sieur de Sablières avec plusieurs ennemis avérés du Florentin rend cette hypothèse tout à fait vraisemblable. SABLINE (Bot.) (V. Spergularia).

SABLONCEAU ou SABLONCEAUX. Coin, du dép. de la Charente-Inférieure, arr. de Saintes, cant. de Saujon ; 815 hab. Bestes d’une abbaye fondée en 1 136 par Guillaume X, duc d’Aquitaine ; église romane à coupoles, qui faisait partie de cette abbaye.

Bibl :Deu Sauvagkre. Notice sur l’abbaye de SabloncesMX, 17U(J, iu-8.

SABLONNE. Rivière du dép. du Jura (V. ce mot, t. XXI, p. 314).

SABLONNIÈRES. Corn, du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Coulommiers, cant. de Rebais ; 600 hab. SABLONS (Plaine des). On désigne ainsi une plaine au sol pierreux et calcaire qui s’étendait au N.-O. de Paris entre Neuilly et les Ternes. Elle est appelée la Croix des Sablons sur la carte des environs de Paris, dressée par l’Académie des Sciences en 1674. A partir de Louis XV, elle servait annuellement pour les revues des régiments des gardes du roi, et c’est là que la Convention fit établir, en 1794, le camp entièrement clos qui fut connu sous le nom d’Ecole de Mars et fut levé quatre mois après. Le jardin public qu’on voulut y établir ensuite et où l’on donnait surtout des courses de chars et des joutes ne réussit pas. Ce lieu ne devint un joli faubourg de Neuilly que vers 18°20, lorsqu’il se peupla et que s’y forma le quartier de Sablon ville. L’ancienne mairie de Neuilly (aujourd’hui justice de paix) y était située. C’est aussi dans cette plaine que Louis XVI avait encouragé Parmentier à faire des expériences décisives sur la culture de la pomme de terre. Aussi la statue de cet agronome s’y trouvé-t-elle placée. M. Bauroux.

Bibl. : P.-N. Quillet, Chroniques de Passy ; Paris, 1836. t. II, pp. 215-47, in-8. — F. Bournon, Rectifications et additions à l’abbé Lebeuf ; Paris, 1895, pp. 512-514, in-8. — L. R. [le Nom de la rue des Sablons], dans Bull, de la Soc. hist. d’Auteuil et de Passy, 1897, p. 233. — A. Chuquet, l’Ecole de Mars ; Paris, 1899. particulièrement ch. tv, in-12. SABLONS. Com. du dép. de la Gironde, arr. de Libourne, cant. de Guitres ; 833 hab.

SABLONS. Com. du dép. de l’Isère, arr. de Vienne, cant. de Roussillon ; 696 hab.

SABLONVILLE (V. Neuilly-sur-Seine).

SABOLY (Nicolas), poète et musicien provençal, né à Carpentras en 1614, mort à Avignon en 1675. Après avoir étudié chez les jésuites d’Avignon et de Carpentras, il devint bénéficiaire d’une chapellenie de la cathédrale de Carpentras et maître de chapelle à Saint-Pierre d’Avignon. Il a composé un recueil de 80 Noëls provençaux, gracieux et naïfs sans trop de mièvrerie, dont il écrivit lui-même les mélodies (souvent arrangées d’après d’anciens airs populaires). Ces Noëls, d’abord publiés en six recueils séparés, à Avignon (sans nom d’auteur) de 1669 à 1674, ont été souvent réimprimés depuis (Avignon, 1699, 1724, etc.). La plus récente et la meilleure édition est celle de Seguin : Recueil de Noëls... publiés pour la première fois avec les avis notc’s recueillis pour le piano et l’orgue (Avignon, 1856). A. Jeanroï. SABONÈRES. Com’. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Muret, cant. de Rieumes ; 350 hab.