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LES PÊCHEURS DU LABRADOR

soulève et fait poudrer de façon à former autour des habitations des amas semblables à nos bancs de neige l’hiver. On peut y cultiver des patates et quelques légumes, mais à la condition de couvrir le champ dès l’automne d’une épaisse couche de varech. Au printemps, après la plantation, il faut encore recourir au même procédé, lorsque le soleil est trop ardent, car ce sable est tellement sec, que les germes des patates y périraient sans cette précaution ; et comme les hommes sont partis pour la pêche dans ce temps là, ce sont les femmes qui font ce rude travail, au prix de bien pénibles difficultés.

Plusieurs capitaines à Nastahquan possèdent des goëlettes et emploient de vingt à vingt-cinq hommes. Ils suivent la côte, en passant au milieu des pêcheurs indigents entre Mécatina et Blanc-Sablon, faisant voile jusqu’à ce qu’ils recontrent le poisson.

On se met alors en frais de pêcher, mais au moment où les préparatifs ont lieu, après avoir touché un banc de poissons, il arrive que ceux-ci prennent la fuite, et il faut que les goëlettes fassent encore 200 à 300 milles avant d’avoir la chance de rencontrer de nouveau le poisson. On comprend facilement que ces gens-là peuvent faire la pêche avec bien plus d’avantages que les pêcheurs des régions inférieures, qui ne possèdent pas de goëlettes, d’autant