Page:Groulx - L'appel de la race, 1923.djvu/239

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
239
DANS LA GRANDE ARÈNE

— Non pas, le médecin approuve et me recommande la distraction.

Lantagnac s’était demandé, les jours précédents, s’il assisterait au débat. Il hésitait à paraître à la Chambre ce jour-là : sa présence, lui semblait-il, devant souligner inopportunément son silence. Puis, il s’était ravisé. S’il ne pouvait parler, ne pouvait-il applaudir ? Il crut qu’en toute loyauté, il devait à ses amis, au moins, ce témoignage de sympathie. Vers deux heures il songea donc à se mettre en route pour le Musée Victoria, où, depuis l’incendie du mois de février, siégeaient les Communes. Il décida de s’y rendre à pied, sentant le besoin de se donner du mouvement, une détente à ses nerfs. Il espérait aussi, en marchant, se délivrer des idées trop lourdes, trop obsédantes qui assiégeaient son cerveau. Ce fut peine inutile. Les arguments et les textes et même les larges développements oratoires continuaient de se juxtaposer, de s’ordonner dans sa mémoire. Quand il eut quitté l’avenue Laurier et se fut engagé dans la rue Elgin, à tout instant de somptueux équipages, d’opulentes voitures-automobiles qui emportaient des messieurs et surtout des dames en grande toilette, le dépassèrent.

— On s’en va au spectacle ! se dit-il, songeant aux passions de théâtre qui envelopperaient tout à l’heure la scène du parlement.

Enfin il arriva aux vastes pelouses du Musée. L’édifice se dressait là, au fond de l’espace vide, pareil, avec son quadrilatère régulier, la fausse