Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/110

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110 MES MÉMOIRES débat parlementaire. L’Appel de la Race est par trop « l’apologie du discours, seule forme d’action que nous ayons su pratiquer jusqu’ici ». Sur la forme ou le style du roman, Asselin fait cette réponse aux critiques: L’incorrection trop fréquente de la langue... laisse intacte la beauté d’un grand nombre de pages, pleinement satisfaisantes pour le cœur et l’esprit, dignes de figurer dans une anthologie de la prose française. Le romancier, ai-je besoin de l’avouer ? n’en demandait pas tant. Pas plus, du reste, que l’historien en l’étude que le confé¬ rencier allait ensuite entreprendre de son œuvre. Ici encore, As¬ selin débute par la part de la critique: critique généreuse, dé¬ bonnaire que la sienne. Ce qu’il entend surtout démontrer, c’est en quoi cette œuvre « diffère de celle de nos autres historiens et par où elle leur est supérieure ». Le premier de nos historiens, l’abbé Groulx, aurait démontré « l’absurdité de la thèse historique » qui a fait de 1760, pour le Canada français, « un événement providen¬ tiel au sens de bienfaisant ». « L’histoire du professeur de Mont¬ réal s’étaie sur une documentation abondante, et à notre sens, inat¬ taquable. » En ses observations sur ce point, M. Gustave Lanc- tot 61 aurait exagéré « trop malin pour y attacher [à sa critique] une valeur quelconque ». Suit alors un parallèle entre Chapais historien et l’abbé Groulx historien. Chemin faisant Asselin n’atta¬ che pas beaucoup d’importance aux Rapaillages: Il y a de très belles pages dans le recueil, ne fût-ce que Le Dernier voyage, d’une observation tout à fait juste et d’une émo¬ tion poignante. Je ne crois pas que la louange doive aller plus loin. Pour le conférencier, « sa plus belle littérature régionaliste, l’ab¬ bé Groulx l’a produite au fil de la plume, tout naturellement, quand son travail d’historien le mettait en contact avec le tré¬ fonds de l’âme nationale ». Pour le conférencier encore, « avec la clairvoyance, la qualité maîtresse de l’œuvre historique de 61.\tGustave Lanctot (1883-\t),\tavocat;\tjournaliste\t(1908-1909); assistant-archiviste (1912-1915); lieutenant, capitaine, major, membre de la Commission militaire canadienne, directeur adjoint des trophées de guer¬ re (1915-1922); archiviste français (1922-1937); sous-ministre et con¬ servateur des Archives nationales (1937-1948); professeur à l’Université d’Ottawa; historien; écrivain.