Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/156

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152 MES MÉMOIRES battait sur lui. Un calcul du rein, logé dans l’urètre, y faisait po¬ che. Une intervention chirurgicale créait une plaie qui n’arrivait plus à se fermer. Faudrait-il enlever le rein ? Question angoissan¬ te. De passage à Montréal, j’étais allé le voir à l’Hôpital Notre-Da¬ me. Je lui conseillai une neuvaine à la Petite Thérèse. Il fit con¬ naissance avec la petite sainte. J’étais persuadé qu’elle ferait quel¬ que chose pour lui. Cependant, dans les premiers jours, les nou¬ velles m’arrivaient moins que rassurantes. Les 11 et 21 juillet, il m’écrivait deux lettres dont quelques extraits feront voir, en mê¬ me temps que son inquiétude, sa foi chrétienne: Y a-t-il progrès ? Lundi, ralentissement marqué. Joie, espoirs, projets. Hier matin, patatras ! Plus d’eau que jamais ! Déception et journée bien terne. Heureusement hier soir et cette nuit, d’autres signes d’amélioration ont apparu... J’ai mis toute ma confiance en S. Joseph et en Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus. C’est d’eux que j’attends, avec la guérison, le courage, la rési¬ gnation, la patience d’attendre l’heure marquée par le Bon Dieu pour la fin de l’épreuve. Ne m’oubliez pas, je vous en prie, M. l’abbé, à la messe, le matin. J’ai besoin du secours de vos bonnes prières. Quand quitterai-je l’hôpital ? J’ai commencé ce matin une seconde neuvaine à mes deux intercesseurs. J’ai espoir, je dirai même la certitude de la terminer hors d’ici. Aidez-moi à réaliser mon espoir. Dix jours plus tard, l’état critique subsiste toujours. Autre lettre: Heureusement j’attends ma guérison d’une main qui n’a besoin, pour agir, ni de couteau ni de sondes. En Dieu j’ai mis toute ma confiance, de Lui seul j’attends mon rétablissement final... M. l’abbé, je sais que vous ne m’oubliez pas. Je vous demande de redoubler d’instances auprès du Bon Dieu... Et je vous assure que ce n’est pas toujours commode de dompter les impétuosités du caractère. Enfin, je voudrais bien que ma confiance ne fléchisse pas. Le plus grand service que vous puissiez me ren¬ dre, M. l’abbé, vous qui m’en avez déjà tant rendus de toute sorte, c’est de prier beaucoup pour moi. Le 1er août, une troisième lettre qui débute avec ce cri de joie: « Dieu soit loué ! J’ai passé le seuil de l’hôpital lundi soir. » Qu’est-il arrivé ? Le mal persistait toujours, allait s’aggravant. Le chirurgien ne voyait plus qu’une issue: l’ablation du rein. Le ma¬ lade avait commencé une troisième neuvaine à la Petite Thérèse