Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/284

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


280 MES MÉMOIRES 2° Que toutes les autorités préposées à la direction de notre enseignement public cherchent les meilleurs moyens de vulga¬ riser les principes de cette éducation, et surtout le sentiment national dont elle doit s'animer. En somme, magnifique journée. On se sépare plein d’enthou¬ siasme et de résolution, sans se douter que, chez nous, la ferveur est souvent feu de paille qui dure ce que durent tous les feux de paille: le moment fugitif d’une soirée. Autour du problème économique, l’action avait été jusqu’alors plus ou moins dispersée. En 1921 la Ligue d’Action française posera un geste plus imposant. Elle organise l’une de ses grandes enquêtes, disons même l’une des premières, et elle la consacre au problème vital. Depuis longtemps le sujet me tenait à cœur. Devenu directeur de la revue en octobre 1920, dès la livraison de ce mois-là (IV: 476), j’annonce l’importante nouvelle: ... l’une des principales attractions de la revue, l’année prochaine, sera bien l’enquête très importante qu’elle va tenir sur le pro¬ blème économique. Chacun sait avec quelle acuité ce problème se pose chez nous, dans notre province. H n’est pas un seul de nos intérêts intellectuels ou moraux qui n’y soit lié de quelque façon. C’est ce qui a permis à quelques-uns de nos publicistes, d’écrire parfois, que la question nationale est chez nous une question économique. L’Action française qui ne veut pas faillir à son rôle de revue d’avant-garde, a fait de ce problème le sujet de tous ses articles de tête pour la prochaine année. Pour être assurée de faire œuvre sérieuse et pratique, elle n’a voulu s’adresser, cette fois, qu’à des techniciens qui représenteront chacun une véritable compétence. On aura remarqué le bout de phrase: « pas un seul de nos in¬ térêts intellectuels ou moraux qui n’y soit lié de quelque fa¬ çon ». Je ne fais qu’exprimer là l’extrême gravité que le problème prenait en mon esprit. Dans la livraison de novembre suivant, j’écris un compte rendu d’une réunion de nos collaborateurs, réunion tenue le 6 du mois, au Cercle universitaire. Chaque an¬ née et pour chacune de nos enquêtes, c’est notre façon de procé¬ der. Donc, ce jour de novembre, après le dîner au Cercle, pas¬ sent au salon pour une séance de travail: M. Beaudry Léman, de la Banque d’Hochelaga [banque qui allait devenir la Ban¬