Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/298

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292 MES MÉMOIRES en préparait une autre qui fera davantage aller les langues: en¬ quête, cette fois, sur « Notre avenir politique ». Entre les deux Anatole Vanier voudra souligner la liaison logique. En 1927, je crois, l’Action française fêtait le dixième anniversaire de sa revue. Ce jour-là, l’ami Vanier citait un long passage de la fin de mon article-conclusion de l’enquête économique, celui où je prê¬ chais la nécessité d’une reconnaissance « en théorie comme en pratique » du Québec à titre d’Etat français. « Vérité, avais-je écrit, qu’il faut replacer en haut pour qu’elle gouverne chez nous l’ordre économique, comme on admet spontanément qu’elle doive gouverner les autres fonctions de notre vie. » « Ne voit-on pas venir l’enquête de 1922 sur notre avenir politique ? » avait con¬ clu Anatole Vanier. En fait, et j’en assume toute la responsabi¬ lité, j’avais lancé l’idée de cette autre enquête et j’en avais dres¬ sé le plan avant mon départ pour Paris, au printemps de 1921. On en trouvera, du reste, l’aveu dans mon article-conclusion. Le 13 juin 1921, j’adressais à chacun de nos collaborateurs, un exposé schématique des divers sujets et je les convoquais à une réunion d’étude au Cercle universitaire de Montréal. Du reste, je vois qu’Antonio Perrault m’écrit de Montréal, le 11 octobre 1921: Nous préparons l’enquête sur « l’Avenir politique du Canada ». Pour ma part je m’en tiens à la division que vous aviez faite dès le début. Je laisserais les 2 premiers articles tels que vous les aviez conçus: le 1er touchant l’évolution historique, le 2e rappelant la légitimité pour un peuple de la marche vers l’indépendance. Pour mettre à l’aise celui qui écrira ce 2e arti¬ cle, je lui demanderais de traiter le sujet du point de vue philo¬ sophique, sans trop de précisions quant à notre cas particulier. Dernière précaution nullement superflue. Encore plus que la précédente, l’enquête de 1922 aura le don d’effrayer les timorés. L’on assistera même à des dérobades étonnantes. L’abbé Cu- rotte 82 qui a d’abord accepté d’écrire le 2e article décline l’hon¬ neur. Et il faut le remplacer par l’abbé Arthur Robert83 du Sé¬ 82. Arthur Curotte, voir la note 47 du premier volume. 83. Arthur Robert (1876-1939), ptre; protonotaire apostolique; profes¬ seur de philosophie, de théologie dogmatique et d’apologétique au Grand Séminaire de Québec; directeur du Petit Séminaire de Québec (1918-1921); directeur spirituel, directeur ordinaire et supérieur du Grand Séminaire J