Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/307

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QUATRIÈME VOLUME 1920-1928 301 J’y revenais un peu plus loin: Appuyés sur ces fortes réalités, nous donnons... une affirmation nouvelle à la volonté des ancêtres, et, advenant la rupture de la Confédération, nous voulons comme eux, dans le Canada oriental, la constitution d’un Etat français. Cette formule de notre avenir politique, on nous fera cette justice de le penser, ne se fonde point sur le principe des nationa¬ lités, sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. En pré¬ vision du désarroi prochain, nous revendiquons seulement le droit élémentaire de ne subir la loi de personne, mais de nous préparer, avec l’aide de Dieu, la destinée de notre choix. Encore un peu plus loin: Notre nouvel idéal n’implique aucun abandon. La déclaration en a été faite tout à l’heure: nous ne courons au-devant d’aucune séparation; nous n’accepterons que celles-là seules que viendront nous imposer la nécessité ou les hasards de l’histoire et contre lesquelles, par conséquent, ni les uns ni les autres ne pourrions quoi que ce soit (Notre avenir politique, 7, 26, 27). Mon article-conclusion contenait un paragraphe dépourvu également de toute équivoque. On n’a qu’à le relire: Cependant nous tenons à le répéter une dernière fois: notre volonté d’indépendance ne se fonde point sur de vagues et sus¬ pectes idéologies. Nous ne voulons pas être des destructeurs. Si les effets pernicieux du fédéralisme actuel pouvaient être neu¬ tralisés, il vaudrait mieux, dans l’intérêt même de nos espérances, que notre jeune force eût le temps de s’accroître. Mais la des¬ truction est commencée par d’autres que par nous et nous refu¬ sons d’asseoir notre avenir à l’ombre d’une muraille en ruine. Faut-il remonter plus haut ? Je constate qu’en ma lettre cir¬ culaire du 12 juin 1921, adressée à tous les collaborateurs de la prochaine enquête, j’écris en forme d'Avertissement: Nous ne voulons rien faire pour briser le statu quo, mais il peut être brisé par des causes indépendantes de notre volonté. Avant d’être acculés à des nécessités trop impérieuses, nous croyons devoir préparer les esprits et nous apportons, comme c’est notre droit, la solution qui nous paraît juste.