Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/351

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QUATRIÈME VOLUME 1920-1928 343 connaître et par conséquent à nous apprécier davantage. C’est notre devoir tout particulier de ne pas cacher nos lumières sous le boisseau, de faire connaître et d’expliquer notre passé, notre mission, — car évidemment nous en avons une, — notre bonne volonté, nos intentions et nos espérances... Sachons leur faire comprendre que nous avons sur la terre canadienne le droit de vivre notre vie propre, de nous développer dans la plus haute mesure possible toujours et en accord avec nos origines, nos caractéristiques, nos traditions, notre foi catholi- lique, notre langue. Nous voulons qu’ils sachent que si nous ne\tcherchons\tpas à leur\timposer nos\tconceptions de culture, de\tcroyance ou de race,\tnous n’avons\tpas renoncé à la tâche de leur en démontrer la valeur. Notre contribution au progrès national aura d’autant plus de valeur qu’on nous laissera plus de liberté pour perfection¬ ner nos qualités et nos vertus françaises et chrétiennes. Le pacte fédéral ne pouvait pas avoir d’autre but que d’assurer l'avancement du Dominion, en accordant à chacune des deux grandes races qui l’ont fondé, la liberté et les moyens néces¬ saires pour assurer le plein et fructueux exercice des aptitudes particulières à chacune d’elles. 11 ne peut certes pas avoir eu pour fin de faire de nous des Français qui ne le seraient qu’à moitié. Voilà ce que j’ai vu dans votre étude. Vous ne me trouve¬ rez pas, j’espère, ou importun ou indiscret, si j’ose vous rap¬ peler que c’est là l’évangile national que j’ai prêché toute ma vie chaque fois que l’occasion m’en a été offerte. Aussi, je me réjouis de ce que vous, chef d’un groupe aussi actif et brillant que celui que vous dirigez, ayez, et si éloquemment et\tclairement,\tdéfini nos\tresponsabilités intellectuelles. Tout cela\test bien en\taccord avec\tla tâche, qu’historien et publiciste, vous avez assumée il y a déjà plusieurs années et depuis poursuivie avec une ténacité bien admirable, celle de maintenir devant les yeux des nôtres la supériorité des idées morales et des forces spirituelles. Vous avez, dans votre bril¬ lante étude, ajouté des raisons nouvelles pour les Canadiens français de s'attacher à la défense de leurs droits, pour assurer leur survivance; aussi je me permets de vous offrir mes cor¬ diales félicitations. Votre très sincère, N.-A. Belcourt