Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/355

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QUATRIÈME VOLUME 1920-1928 347 taine d’articles sur le Canada, accorde quelques pages à notre réveil français depuis ces derniers vingt ans et décerne cette men¬ tion à L’Action française: M. Groulx, professeur d’histoire du Canada à l’Université de Montréal, est le chef de L'Action française, une ligue qui n’a rien de commun avec celle de Daudet et de Maurras et qui s’est donné pour tâche de réveiller dans l’âme canadienne la fierté de la race. Il dirige une petite revue très vivante... Ces deux chefs [Bourassa et l’abbé] sont entourés de tout un état- major de collaborateurs qui ont chacun leur compétence spé¬ ciale et qui forment un groupe très militant et cohérent, plein d’ardeur et d’idéalisme (XI: 127). De Zurich l’on nous écrit « pour en savoir plus long sur ce mouvement d’action française ». « En Suisse française, veut-on bien ajouter, c’est avec admiration que nous suivons l’évolution de ces vaillants petits peuples canadien et acadien» (XI: 187). Un Français, professeur dans un collège militaire du Canada, nous écrit: « Bien que je doive quitter pour toujours, sans doute, le Canada, l’été prochain, je désire vous envoyer mon abonnement pour toute l’année et c’est bien mon intention de continuer à vous lire quand je serai en France, car cette revue m’intéresse beau¬ coup » (XIII: 199). Pour que ces éloges ne nous montent pas trop fort au nez, il n’est pas rare heureusement qu’une autre sorte d’amis y mêlent leur part de moutarde. Je vois, par exemple, qu’un jour Jacques Brassier leur adresse ce petit billet: Nous recevons notre part de horions de la presse des politi¬ ciens et des snobs. Pour les uns et pour les autres, nous som¬ mes les empêcheurs de danser en rond, les empêcheurs de la bonne entente dans l’abdication. Et nous sommes de la race méprisable des patriotes qui osent mettre le courage avant la tranquillité, la race avant le parti. Nous ne songeons guère à tenir compte de ces attaques plus méchantes que dangereu¬ ses, et il y a telle de ces gazettes ou de ces revuettes qui n’est pas assez riche pour nous payer la réclame que nous lui fe¬ rions par une riposte (XI: 125-126). Je ne sais plus que choisir en notre florilège d’éloges. Je ne relèverai plus que les amabilités des plus haut cotés ou les plus