Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/363

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QUATRIÈME VOLUME 1920-1928 355 problèmes dans leur totalité et dans leurs dépendances, avec l’am¬ bition de les résoudre pleinement; qui voudrait compter avec le rôle des forces matérielles, en se souvenant pourtant des préro¬ gatives d’une race latine et de toute race vraiment humaine; qui, au-dessus de l’intelligence maîtresse de la terre et de l’argent, apercevrait 1 esprit de Dieu, la loi de son Evangile et ne vou¬ drait réaliser que dans cette lumière souveraine l’ordre et le progrès de la patrie? (XI: 371-372). Homme inquiet, je me défends pourtant, je me suis toujours défendu du pessimisme absolu, destructeur, forme à peine voilée de défaitisme. Je crois malgré tout en l’avenir, aux puissances de résurrection latentes en l’âme de tout peuple catholique. J’y ai cru et j’y crois, non comme on l’a quelquefois pensé par tacti¬ que, par résolution de réconforter les autres à tout prix, malgré mon propre scepticisme. Je suis resté un optimiste, un espérant, parce que je crois d’abord en la Providence qui ne peut vouloir là mort des peuples catholiques, et parce que je crois aussi en la volonté des hommes et des groupements humains pour le redres¬ sement de leur destinée. C’est peut-être cette foi inébranlée qui m’a valu, en cette époque de l’Action française, tant d’amitiés émou¬ vantes et d’abord la confiance de mes collègues de la direction. On me le fait bien voir en 1928. Le 12 janvier de cette année- là, un dîner intime au Cercle universitaire de Montréal groupe un certain nombre d’amis et de collaborateurs. Et que veut-on célébrer ? Un événement aussi banal que mes cinquante ans. Ce même jour on me prodigue des titres qui m’ont toujours effrayé, entre autres celui de « guide et animateur de la jeunesse intel¬ lectuelle ». Et à ceux qui n’ont pu participer à la petite fête, on rappelle que « l’abbé Groulx a été ordonné prêtre le 28 juin 1903, et que nous sommes en 1928... » (XIX: 57-58). C’est l’annonce de nouvelles fêtes. On ne les oublie point. Le 17 mai 1928, les mêmes amis et quelques autres fêtent mon vingt-cinquième anniversaire d’ordination sacerdotale. Cela dé¬ bute par une grand-messe que je chante à l’église du Saint-Enfant- Jésus, assisté de deux de mes anciens élèves, les abbés Herméné- gilde Julien 110 et Lionel Deguire ,1T. Le curé, M. l’abbé Perrier, 116.\tHennénégilde Julien, voir la note 102 du premier volume. 117 Lionel Deguire (1898-\t),\tptre; prélat domestique; professeur au Collège de Valleyfield (1922-1947); aumônier, Couvent des Sœurs des