Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/368

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360 MES MÉMOIRES domination de l’argent américain. Qui profite d’une telle poli¬ tique ? » (XVI: 208). Sur cet autre point et après trente ans, quelle révolution si profonde pourrait-on discerner dans les aspirations de nos poli¬ tiques et dans les comportements de nos hommes d’affaires ? Pour les hommes de pensée et d’action qui croient bouleverser le mon¬ de, quel beau sujet de méditation sur l’humilité ! L’Action française et les politiciens L’Action française, et pour cause, n’a jamais conquis la fa¬ veur des politiciens. Trop de ses thèses atteignaient en plein front ces falots personnages, politiciens affairistes, à demi émas- culés de sentiment national. La presse dite nationaliste s affirme d’ailleurs à l’époque trop vigoureuse, trop puissante pour que les hommes du pouvoir n’y aient point l’œil constamment ouvert. L’Action française aura l’occasion de s’en apercevoir. Nous étions en juin ou juillet 1924. Parti en vacances à Saint-Donat de Montcalm, j’ai apporté avec moi les épreuves de notre numéro de juillet de la revue. Je les renvoie corrigées à notre secrétaire général, Anatole Vanier, le priant de vouloir bien boucher quel¬ ques « trous », s’il s’en trouve, à savoir, quelques blocs-notes. M. Vanier y va de deux pages qu’il intitule: « Le Mouvement des idées ». L’un de ses blocs: « Le Québec et la France » se lit com¬ me suit: M. Taschereau vient de reprocher à M. Herriot128 son intention de rompre avec le Vatican. Très bien ! Et le juge Gervais124 aurait dit, sans doute: voilà un premier ministre qui ne se conduit pas en conseiller municipal ! Mais il faudrait aussi que notre législature ne s’inspirât pas aux sources de M. Herriot ! La loi de l’assistance publique, qui demeure, malgré le désir de 123.\tEdouard Herriot (1872-1957), écrivain français; un des chefs du parti radical socialiste; président de la Chambre des députés, puis de l’Assemblée nationale. 124.\tHonoré Gervais (1864-1915), avocat; professeur de droit inter¬ national à l’Université Laval de Montréal; député de St-Jacques (Montréal) aux Communes (1904-1911); bâtonnier de la province de Québec (1908); juge à la Cour du banc du roi (1911).