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mes mémoires

On peut toujours ce qu’on doit.
(Laure Conan)

Rien n’est à continuer que le labeur des aïeules.

La Très Sainte Vierge aura soin de ce pays.
(Jeanne Le Ber)

Il faut que cela devienne « chic » d’être Canadienne française !

Toujours pour atteindre la masse, l’Action française imprime et répand par milliers les Refrains de chez nous, recueil des chansons populaires les plus connues, qui, dès 1924, en est déjà à son 45e mille. L’Action française organise, pour les mêmes fins, un « Concours de citations patriotiques » où il s’agit de reconstituer le texte intégral et authentique de citations incomplètes ou modifiées pour le besoin du concours, citations empruntées pour la plupart aux œuvres des écrivains de la revue. Des prix d’appréciable valeur récompensent les gagnants. On se risque même, en 1922, à un « Concours d’art dramatique ». On propose un drame ou une comédie qui aurait pour sujet : l’anglomanie. Un prix de $350 est promis au gagnant. Le jury, où figurent des connaisseurs tels que MM. Olivier Maurault, p. s. s. [1], Édouard Montpetit, Fernand Rinfret[2], Léon Lorrain, n’ajoute pas peu à la notoriété du concours. Mlle Magali Michelet, Française qui habite alors au Canada, décroche la timbale avec son drame Contre le flot. Joué une première fois à Woonsocket, É. U., à l’occasion de la Saint-Jean-Baptiste, Contre le flot fut représenté à Montréal, à la salle du Gésu, le 7 novembre 1922. Le drame obtient plein succès, nous dit L’Action française (VIII : 319-320). « La très nombreuse assistance a quitté la salle, véritablement charmée. L’on venait d’applaudir une pièce qui est bien faite…, une œuvre de haute portée morale et qu’anime un large souffle de patriotisme. » Avant la représentation, M. Léon Lorrain, ancien membre de la Ligue des droits du français, avait dit, dans une courte allocution, l’esprit du concours et son succès :

  1. Olivier Maurault (1886-1968), p. s. s. ; prélat apostolique ; professeur au Collège de Montréal (1913-1915) ; vicaire de la paroisse Saint-Jacques (1915-1926) ; chapelain de l’École polytechnique (1916-1926) ; curé de la paroisse Notre-Dame de Montréal (1926-1929) ; supérieur du Collège André-Grasset (1929-1934) ; recteur de l’Université de Montréal (1934-1955); écrivain. Pseudonyme : Louis Deligny.
  2. Fernand Rinfret (1883-1939), journaliste ; directeur du Canada (1909-1926) ; député de Saint-Jacques aux Communes (1920-1939) ; maire de Montréal (1932-1934) ; secrétaire d’État du Canada (1926-1930, 1935-1939).