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troisième volume 1920-1928

gloire de Dollard : une cantate éditée par le Collège Bourget, paroles d’Henri Vital, musique de R.-C. Larivière, c. s. v. ; les refrains du Père Georges Boileau, o. m. i.[1]. Au Collège Sainte-Marie de Montréal, les plus jeunes élèves organisent le « jeu des boucliers », représentation du combat du Long-Sault ; M. Julien Perrin[2] compose une pièce à grand spectacle : « À la gloire de Dollard », d’abord jouée dans la cour du Collège de Montréal, reprise à la Colonie des Grèves, puis, dans le bas du fleuve, à Notre-Dame-du-Lac, et en quelques autres endroits. M. Guindon, p. s. s.[3], nous donne Les trois combats du Long-Sault que l’Action française répand à profusion. Sans doute, en cette littérature et en ces essais artistiques, le chef-d’œuvre est rare et même inexistant. N’y avait-il pas heu d’espérer, qu’un jour ou l’autre, de ce bouillonnement de la jeunesse sortirait quelque œuvre de valeur ? C’est l’espoir que j’exprime dans L’Action française de 1922 (VII : 218-219) :

Pour les mêmes motifs l’on voudra continuer dans les collèges, les couvents et les écoles, l’heureuse floraison littéraire que la fête a provoquée. Il importe surtout d’y maintenir le même esprit, celui qui nous a frappé, l’année dernière, dans les nombreux essais que nous avons tenus dans nos mains : nous voulons dire le souci d’échapper aux amplifications vides, enflées, trop sonores, [mais bien plutôt] la volonté de dire des choses claires, à la mesure exacte des aspirations, emportant avec elles de l’action pratique… Qui ne sait la vieille vérité ? Il faut laisser le temps à la substance de l’art de s’amasser, de se pétrir, avant que, remodelée par l’esprit d’un grand artiste, elle se réalise dans les formes sensibles. L’art, comme la nature, a-t-on coutume de dire, procède par lentes et multiples ébauches.
  1. Georges Boileau (1885-1946), o. m. i. ; écrivain et poète ; curé de Maniwaki (1916-1917) ; professeur au Séminaire d’Edmonton, Alberta (1918-1920) ; au Collège Mathieu, Gravelbourg, Sask. ; visiteur des écoles françaises de Saskatchewan ; rédacteur de L’Ami du Foyer (revue mensuelle) (1921-1934) ; professeur au Juniorat de Chambly (1934-1936) ; aumônier des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, Outremont (1936-1937) ; vicaire à Saint-Pierre-Apôtre, Montréal (1937-1946).
  2. Julien Perrin (1895-1965), p. s. s. ; professeur ; vicaire à Saint-Jacques de Montréal (1920-1926) ; chapelain de la chapelle de Notre-Dame-de-Lourdes, Montréal (1926-1965).
  3. Arthur Guindon, voir la note 77 du deuxième volume.