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PASSAGE DE L’HOMME

être craignait-il que l’Homme ne restât toute sa vie parmi nous. Là-dessus, je ne peux rien vous dire.

Toujours est-il que, le dimanche d’après, comme nous finissions de dîner, l’Homme se tourna un peu vers Claire, comme pour s’assurer qu’ils étaient bien d’accord, et il demanda à la Mère qu’elle consentît à les marier. Il se leva, alla chercher la Bible dans l’armoire, et il la posa au haut bout de la table, devant la Mère, puis il lui indiqua ce qu’elle devait lire. La Mère lut, très lentement, des passages de l’Écriture où il est parlé du mariage. Claire et l’Homme se tenaient debout en face d’elle. Quand elle eut fini de lire, la Mère se mit doucement à parler du Père, à dire ce que le Père avait été pour elle, combien il était sage, plein de respect et de prévenances, combien il était bon et juste, et combien elle avait été heureuse auprès de lui. Elle dit encore qu’elle croyait que le Père était présentement parmi nous, que pour elle, elle n’avait jamais cru qu’il fût mort. Depuis qu’il nous avait quittés, elle vivait dans cette certitude… Et elle parla encore de leur mariage. Elle dit comme ç’avait été beau, toutes ces cloches, et cette grand’messe où le cousin avait chanté. « Oui, c’était beau, et j’avais cru, un temps,