Page:Guillaume d’Orange, le marquis au court nez (trad. Jonckbloet).djvu/276

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— Il sera fait selon vos désirs, dit Guillaume.

Cependant il est arrivé sur le bord du fossé, et s’arrêtant devant la porte avec le butin qu’il avait conquis, c’est-à-dire quinze chevaux de somme chargés de vivres, il range les païens entre le pont et le gué et les tue tous.

Ce fut une sage mesure de ne pas garder ceux qu’il aurait eu de la peine à nourrir.

Alors la porte lui fut ouverte et le grand pont-levis abaissé. Le comte entra au château, épuisé de douleur, et avec lui les prisonniers qu’il avait délivrés et les harnais des païens, ainsi que le vin et le blé qu’il leur avait pris. Ensuite on releva le pont et l’on barra bien les portes et ferma les avenues avec de grandes chaînes.

Avant que Guillaume fût désarmé, il vit les hauteurs environnantes couvertes de païens. Mais le château ne sera pas pris, à moins qu’ils n’en réduisent les défenseurs par la famine.

Le roi Desramé avec Corsolt, Aenré, le roi Fabur et Esmeré, Borrel, Mautriblé, l’émir Haucebier et plus de trente rois ont dressé leur camp devant les murs et ont juré d’assiéger Orange pendant un an ; ni le vent ni les orages ne les chasseront et ne les empêcheront de prendre et de détruire la ville, disent-ils.

Mais ils seront tous parjures, et ils verront que c’est pour leur malheur qu’ils sont entrés dans le pays. Avant que le mois d’Août soit passé, le plus vaillant d’entre eux voudrait ne pas y être venu pour tout l’or du monde.