Page:Guizot - Histoire générale de la civilisation en Europe, 1838.djvu/123

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



QUATRIÈME LEÇON.

Objet de la leçon. — Alliance nécessaire des faits et des doctrines. — Prépondérance des campagnes sur les villes. — Organisation d’une petite société féodale. — Influence de la féodalité sur le caractère du possesseur de fief, et sur l’esprit de famille. — Haine du peuple pour le régime féodal. — Le prêtre pouvait peu pour les serfs. — Impossibilité d’organiser régulièrement la féodalité. — 1º Point d’autorité forte ; 2º point de pouvoir public ; 3º difficulté du système fédératif. — L’idée du droit de résistance inhérente à la féodalité. — Influence de la féodalité, bonne pour le développement de l’individu, mauvaise pour l’ordre social.

Messieurs,

Nous avons étudié l’état de l’Europe après la chute de l’Empire romain, dans la première époque de l’histoire moderne, dans l’époque barbare. Nous avons reconnu qu’à la fin de cette époque, au commencement du dixième siècle, le premier principe, le premier système qui se développa et prit possession de la société européenne, ce fut le système féodal, que du sein de la barbarie naquit d’abord la féodalité. C’est donc le régime féodal qui doit être aujourd’hui l’objet de notre étude.

Je ne crois pas avoir besoin de vous rappeler que ce n’est pas l’histoire des événements proprement dits