Page:Guizot - Histoire générale de la civilisation en Europe, 1838.djvu/31

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qu’eux-mêmes. De simples tisserands luttent contre presque toute l’aristocratie européenne, qui se croyait en péril. D’imposantes basiliques, de somptueux hôtels-de-ville s’élèvent à côté d’une foule de manufactures : la religion mêle ses pompes aux solennités municipales ; le bon sens de nos pères dicte des règlements et des lois qui sont encore aujourd’hui un modèle ; des poètes, des hommes de savoir sortent des châteaux, des ateliers et des monastères ; chacun voit s’ouvrir devant soi un horizon qui s’élargit sans cesse et la tendance des individus et des classes à se rapprocher, à s’identifier, à se mettre en équilibre, se manifeste de jour en jour.

L’écrivain est plus à l’aise, sans rien perdre de l’éclat ni de l’attrait de son sujet, lorsque les Pays-Bas passent successivement sous la domination de la seconde maison de Bourgogne. C’est la féodalité encore, mais la féodalité qui se discipline, qui devient politique et réduit ses innombrables ressorts pour constituer de plus vastes systèmes d’action. Une foule de petits astres aristocratiques pâlissent ; ils sont emportés dans le mouvement de rotation des grandes planètes.

Philippe-le-Bon était à la tête d’une monarchie fédérative ; sous lui les provinces belges pèsent d’un poids considérable dans la balance du monde. Il essaie de centraliser le pouvoir, et tente, non sans succès, d’habituer les grands à tenir du souverain leur principale splendeur. Les arts, à leur renaissance en Europe, trouvaient dans ce prince un protecteur aussi zélé que magnifique.

Le successeur de Philippe règne l’épée au poing