Page:Gustave Flaubert - Œuvres de jeunesse, I.djvu/405

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La gloire même, après qui je cours, n’est qu’un mensonge.

Sotte espèce que la nôtre ! je suis comme un homme qui, trouvant une femme laide, en serait amoureux.

VII

Quelle chose grandement niaise et cruellement bouffonne que ce mot qu’on appelle Dieu !

VIII

Pour moi, le dernier mot du sublime dans l’art sera la pensée, c’est-à-dire la manifestation de la pensée, aussi rapide et spirituelle que la pensée.

Quel est l’homme qui n’a pas senti son esprit accablé de sensations et d’idées incohérentes, terrifiantes et brûlantes ? L’analyse ne saurait les décrire, mais un livre ainsi fait serait la nature. Car qu’est-ce que la poésie, si ce n’est la nature exquise, le cœur et la pensée réunis ?

Oh ! si j’étais poète, comme je ferais des choses qui seraient belles !

Je me sens dans le cœur une force intime que personne ne peut voir. Serai-je condamné toute ma vie à être comme un muet qui veut parler et écume de rage ?

Il y a peu de positions aussi atroces.

IX

Je m’ennuie, je voudrais être crevé, être ivre, ou être Dieu pour faire des farces.

Et m....