Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/284

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Je n’en ai pas d’autre, seigneur. Damis. Ah ! Il casse le pain par terre, en retire la mie avec ses ongles et jette les croûtes. Antoine le considère faire sans rien dire. Aussitôt le cochon se précipite sur les croûtes et les dévore. Antoine fait un geste de colère pour battre le cochon. Damis en riant. Laissez donc ! Ne faut-il pas que chacun vive ? Antoine rougit. Silence.

ANTOINE

reprend. Et vous venez ? Damis. Oh ! De loin, de très loin.

ANTOINE.

Et qu’y a-t-il ? Que fait-on dans le monde ? Damis. On a permis à Melèce de demeurer à Lycopolis, et Athanase, je crois, est rentré dans Alexandrie.

ANTOINE.

Dieu soit loué ! Damis. L’empereur va faire bâtir une ville sur le Bosphore, et les diacres à l’avenir ne pourront plus s’asseoir entre les prêtres.

ANTOINE.

Et vous allez maintenant ?