Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/361

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ANTOINE.

Tiens ! C’est vrai… où êtes-vous ? Tâtonnant dans l’ombre. Quelle nuit ! La Foi. Plus sombres encore étaient les nuits où marchaient les rois, quand ils allaient vers le sauveur, mais l’étoile devant eux sautait de colline en colline. La Science. Ils s’appelaient Malgalat, Galgalat et Saraïm. L’Orgueil à Antoine. Tout le monde ne sait pas cela. L’Avarice. Cassolettes d’or avec des chaînes, fermoirs d’argent qui retiennent les lourds manteaux, belles ivoireries taillées à jour, un gros diamant dans des plumes blanches ; et des nègres à la porte, de leurs poings chargés de bagues, frappant le museau des dromadaires. La Luxure. Il y en a qui ont des yeux couleur d’ardoise, d’autres sont pâles comme la lune, avec des regards noirs. La Gourmandise. Un morceau de pain sec frotté d’ail, qu’on mange tout seul quand on a faim, une belle eau limpide. La Logique. Ce n’était point le fils de David, puisque Joseph n’était pas son père. L’Avarice. La pluie tombe, la porte est fermée, le feu flamboie, on est chez soi.