Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/362

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La Colère. La baliste lance des pierres, l’huile ruisselle sur les boucliers polis, on monte les escaliers, on se débat, on tue, les épées dans l’air font des cercles rouges. La Paresse. Une botte de paille, un tas de cailloux, la neige même avec un manteau, n’importe quoi, tout est bon. La Science. Il avait été en égypte pour étudier la magie, et il savait des secrets comme les sorciers de pharaon. La Luxure. Les mains des femmes, relevées par le bout, galopent en sautillant sur la corde des lyres, tirent un à un le long fil des tapisseries, se bombent en forme de coquille, pour rajuster sur le front les boucles défaites ; passant sous le vêtement, elles s’insinuent dans vos poitrines, eles vous parcourent la chair, légères. La Science. Le vrai nom de Jérusalem est Kedusha. Le vrai nom de Jésus est Yeschut. Le vrai nom de Dieu est Yaho. La Logique. Il a eu peur du diable, car il lui a dit : va-t’en ! La Science. Ils étaient quatre mille en armes au jardin des oliviers. La Logique. Pourquoi n’a-t-il pas voulu guérir la fille de la cananéenne ? Pourquoi n’alla-t-il pas chez Lazare quand il se mourait ? Pourquoi recommandait-il aux siens de ne pas parler de ses miracles ?

ANTOINE

tirant les vertus par leur robe. Répondez donc ! Dites quelque chose ! Agissez vite !