Page:Héricourt - La Femme affranchie.djvu/28

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Mais nous, français, enfants de 89, disciples d’une philosophie, qui établit ses axiomes, non plus sur les a priori de la fantaisie, mais sur les faits et les lois de la nature et de l’humanité, nous concevons parfaitement aujourd’hui que l’être humain ne peut être comparé ni à une chose, ni à quelqu’une de nos facultés ;

Qu’étant d’espèce identique, nous avons un droit identique ;

Qu’il ne s’agit que d’équilibrer nos droits individuels ;

Que la loi d’équilibre, c’est l’égalité ;

Que l’égalité c’est la Justice ;

Qu’en dehors de l’égalité, il n’y a plus Raison ni Justice, mais règne de la force, retour à la brutalité de la nature qui est si inférieure à nous par l’absence de moralité et de bonté.

À la lumière de cette Révélation de la conscience de la France, la notion de la société se transforme. La société n’est plus une hiérarchie, ce n’est plus un être de raison, incarné dans un ou quelques-uns ; c’est quelque chose de bien autrement grand et beau ; c’est un ensemble organisé d’êtres humains, associés pour se garantir mutuellement l’exercice de leur Droit individuel, se faciliter la pratique du Devoir, échanger équitablement leurs produits, et travailler de concert à la réalisation progressive de la destinée humaine.

C’est une autonomie collective, gouvernée par la Loi, synthèse de la Raison, de la Justice et de l’Amour de tous.

L’État n’est plus que l’ensemble des organes sociaux, fonctionnant au profit de tous.

Le Pouvoir n’est plus qu’une fonction déléguée par la volonté nationale.