Page:Hauvette - Littérature italienne.djvu/143

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LES ciumns Pnncunsizuns nn LA nnwnssnzciz 123 sauce a ce qu°on peut appeler le sens de l’histoire : on découvrit tout in coup que, si l’homme est essentielle- ment le méme en tous temps et en tous lieux, les formes extérieurcs de la civilisation, les mmurs, les pensées ellcs-mémes se modifient profondément dlfnge en age; et l’on apprit ainsi at dégager de toutes les contingences ce qu’il y a de permanent et d’immuable dans l’an1e humaine. Ce sens historique et critique, qui a renouvelé l’nctivité intellectuelle sous toutes ses formes, les hommes du Moyen Age n’en avaient eu aucune idée : pour eux le monde était immobile, et les guerriers grecs, les défenseurs de Troie, comme les héros de Rome, n’avaient du difYérer en rien des chevaliers aux pesantes armures qu’ils voyaient combattre autour . dieux. Les sentiments n’avaient pas du changer plus que les modes, moins encore peut-étre; aussi avait-on pu lire force livres anciens sans en tirer grand profit, l`aute de savoir sortir de soi-meme et de son temps. D’ailleurs ce culte rajeuni pour l’antiquité mieux com- prise ne s’adrcssait pas expressément aux idées que les anciens ont formulées; ce qui frappait peut-étre davan- tage, c`était la beauté de leurs muvres. Un peuple qui vit par les sens autant ou plus que par l’esprit doit nécessnirement accorder at la forme une place prépondé- rante dans ses préoccupations littéraires; il doit pro- duire plus d’artistes que de philosophes, et c’est en eH`et ce que confirme l’Italie de Ia Renaissance. Des le milieu du x1v‘ siéele, un livre comme le Décaméron ouvre la voie at ces muvres, dont le Roland fhrieux reste lc parfuit modéle, ou l’art se justifie sans avoir d`autre but que lui-méme, ou du moins ne parait pas avoir d’autr¤ objet que d’embellir la vie. Il va sans dire que cette révolution — car c’¤n est une,