Page:Hauvette - Littérature italienne.djvu/504

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4% LITTIERATUBE ITALIENNE sa sensihilité, cependant si modernes; et cette fusion si spontanée est le principal secret du charme tout par- culier populaire; elle se refuse fierement aux amateurs dc jouissances faciles. A Apres ses dernieres Odes Barbares, G. Carducci a publié encore un recueil de vers, dont le titre, Rime e ritmi (1899), indiquc assez que les pieces rimées y alternent avec les rythmes antiques. Parmi les premieres il en est de charmantes, comme celle qui retrace la légende romantique du troubadour Jaufré Rudel, et plu- sieurs pieces consacrées a la description de paysages alpestres (Esequie della guida). Parmi les poésics rythmées figurent quelques grandes odes historiques, d’une facture savante, moins spontanées que les précé- dentes, mais qui offrent un intérét particulier : elles niarquent le terme de l’évolution politique de Carducci. Les odes Piemonte, Bicocca di San Giacomo, consti- tuaient une adhésion formelle a la nionarchie de Savoie. En meme temps l’ode La Chiesa di Polenta marquait chez l’anticlérical, chez le paien, qu’avait été le poete avec toute la jactance de ses jeunes années, et meme de sa maturité (voir ses premieres Odes Barbares : In una chiesa gotica, Cliturmo), un respect tout nouveau pourle culte catholique, et ce fut un prétexte de plus a mani- festations, adiscussions passionnées, a zipres polémiques entre libres-penseurs, qui voulaient voir en lui un rené— gat, et croyants, qui saluaient avec transport ce retour au hercail d’une brehis égarée. Ni les uns ni les autres ne s’aper<;urent que l’inté1·ét témoigné par Carducci at cette vieille église de Polenta menacée de ruine, et qu’il s’agissait de restaurer, venait simplementdu fait qu’elle lui rappelait Francoise de Rimini, et de la penséc que