Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/214

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pas davantage à cette question ; je viens à mon sujet : et je dis que la sensibilité physique et la mémoire,

    des objets, comment prouver que notre vie n’est pas un long rêve ?

    Non que je prétende nier l’existence des corps, mais seulement montrer que nous en sommes moins assurés que de notre propre existence. Or, comme la vérité est un point indivisible, qu’on ne peut pas dire d’une vérité qu’elle est plus ou moins vraie, il est évident que, si nous sommes plus certains de notre propre existence que de celle des corps, l’existence des corps n’est par conséquent qu’une probabilité ; probabilité qui sans doute est très grande, et qui, dans la conduite, équivaut à l’évidence, mais qui n’est cependant qu’une probabilité. Or, si presque toutes nos vérités se réduisent à des probabilités, quelle reconnoissance ne devroit-on pas à l’homme de génie qui se chargeroit de construire des tables physiques, métaphysiques, morales et