Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/213

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soudre qu’à l’aide du calcul des probabilités[1]. Je ne m’arrête donc

  1. Il seroit impossible de s’en tenir à l’axiome de Descartes, et de n’acquiescer qu’à l’évidence. Si l’on répete tous les jours cet axiome dans les écoles, c’est qu’il n’y est pas pleinement entendu ; c’est que Descartes n’ayant point mis, si je peux m’exprimer ainsi, d’enseigne à l’hôtellerie de l’évidence, chacun se croit en droit d’y loger son opinion. Quiconque ne se rendrait réellement qu’à l’évidence ne seroit guere assuré que de sa propre existence. Comment le seroit-il, par exemple, de celle des corps ? Dieu, par sa toute-puissance, ne peut-il pas faire sur nos sens les mêmes impressions qu’y exciteroit la présence des objets ? Or, si Dieu le peut, comment assurer qu’il ne fasse pas à cet égard usage de son pouvoir, et que tout l’univers ne soit un pur phénomène ? D’ailleurs, si dans les rêves nous sommes affectés des mêmes sensations que nous éprouverions à la présence