Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/290

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On voit quel germe éternel de disputes et de calamités renferme souvent l’ignorance de la vraie signification des mots. Sans parler du sang versé par les haines et les disputes théologiques, disputes presque toutes fondées sur un abus de mots, quels autres malheurs encore cette ignorance n’a-t-elle point produits, et dans quelles erreurs n’a-t-elle point jeté les nations !

Ces erreurs sont plus multipliées qu’on ne pense. On sait ce conte d’un Suisse : on lui avoit consigné une porte des Tuileries, avec défense d’y laisser entrer personne. Un bourgeois s’y présente : « On n’entre point, lui dit le

    stances où un homme se trouve l’inclinent, le forcent à se tourner d’un certain côté ; et il se flatte alors qu’il s’y est tourné librement, quoiqu’il n’ait pas pu vouloir se tourner d’un autre ». Histoire critique de la Philosophie.