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KOULS-KÔZ

1 Kouls, s. m., temps (aussi kours V.). Empr. lat. cursus.

2 Kouls, adv., autant : abrégé de kerkouls. V. ce mot.

Koulskoudé ( kouskoudé), adv., cependant : exactement « aussi bien après cela » [que sans cela]. V. sous 2 kouls et goudé.

Koumm, s. m., vague : variante de 1 komm[1].

Koun, kouṅ, s. m., mémoire, mbr. couff, corn. côf, cymr. cof, vir. euman (dér. cuimnech et gael. cuimhne), cf. lat. com-min-iscor « j’imagine » : composé de préf. *kom- (sous *ke-) et de rac. MEN « penser », sk. màn-as « esprit » et màn-ye « je pense », gr. μέν-ος (men-os) et μέ-μον-α (me-mon-a), lat. men-s et me-min-î, got. mun-an a penser », lit. menu « je me souviens » et -manaâ « je pense », vsl. mïnèti « penser ».

Kounnar, s. f., rage, cymr. cynddaredd « folie », vbr. cunnaret « rage » : soit donc un composé *koun-dar, dont le second terme est corn. dar « abattement » ou cymr. dar « tumulte ». — Étym. inc. pour ce terme. V. le premier sous kî.

Kouraḷ, s. m., fressure. Empr. fr. ancien couraille, dér. de cœur.

Kouricher, s. m., coiffe de deuil, mbr. coufforcher, où apparaît nettement l’altération de l’empr. fr. couvrechef, d’où aussi ag. kerchie/n fichu ».

Kourouḷ (V.), s. m., verrou. Empr. fr. ancien verrouil[2].

Kourrez, s. m., corroi : abstrait du vb. kourreza. Empr. bas-lat. *corredàre. d’où fr. conreer correier corroyer.

Kousk, kousked, s. m., sommeil (et kousket « dormir »), corn. cusc et cusc-e, cymr. cwsg et cysc-u. Empr. lat. quiesc-ere.

Kouskoudé, adv., variante de koulskoudé. V. ce mot.

Koust, s. m., dépense. Empr. fr. ancien coust.

Kouzoumen, s. f., sacrement de confirmation : abstrait du verbe correspondant kouzoum-enni. Empr. lat. consumm-àre[3].

Kôv, s. m., variante de kôf. V. ce mot.

Kôz, adj., vieux, corn. coth, gaul. Cottos n. pr. et ses dérivés (Alpes Cott-iennes) : ne se retrouve nulle part ailleurs[4].

  1. Avec sens diversifié. A cause des vallonnements que présente l’aspect des vagues. V. ce mot et komb.
  2. Par les intermédiaires *gwcroul > *gouroul, d’autant que digourouillein c déverrouiller » a pu subir l’influence de digor. V. sous digéri, mais cf. aussi fr. crouyet « verrou » (Mayenne Dn).
  3. Qui, dans la langue ecclésiastique, désigne ce sacrement, parce qu’il est la consommation définitive de la vocation de chrétien.
  4. N’étant pas irlandais ni même cymrique, on doit supposer qu’il a été emprunté à des aborigènes par les immigrants celtes de Gaule.