Page:Henry - Lexique étymologique du breton moderne.djvu/19

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aussi rigoureuse qu’il s’en puisse rencontrer en dehors des mathématiques.

Il va de soi, d’autre part, qu’une semblable affirmation n’est possible que sous le bénéfice de l’observation constante des rapports relevés entre les diverses langues qui en font l’objet : il faut savoir qu’à telle voyelle grecque répond invariablement telle ou telle voyelle germanique, qu’à telle consonne latine ou celtique se superpose sans exception telle paire de consonnes sanscrites ; il faut, en un mot, connaître et appliquer partout les lois phonétiques, et demeurer persuadé qu’une étymologie qui les viole peut être vraie à la rigueur et par hasard, mais que, pour vraisemblable qu’elle lui apparaisse, l’étymologiste soucieux de vérité scientifique n’a pas le droit même de la mentionner, sans l’accompagner d’un « peut-être » ou chercher à découvrir les raisons historiques ou psychologiques d’une pareille monstruosité.

La phonétique celtique est fixée dans ses grandes lignes, et la phonétique indo-européenne l’est parfois jusqu’à l’infime détail : c’en est assez pour légitimer provisoirement un essai d’étymologie du breton. Mais ni l’une ni l’autre ne sauraient entrer dans le plan de cette rapide introduction, qu’il n’eût même pas valu la peine d’écrire, — tant sont élémentaires les notions qu’elle contient, — si le présent ouvrage avait la moindre prétention de rien apprendre à qui que ce fût. Mais, comme il n’est bon qu’à stimuler quelques curiosités ou à rafraîchir quelques souvenirs, il a paru nécessaire qu’il se suffît en quelque sorte à lui-même, dans la mesure au moins de ce qu’ont droit d’en exiger les rares amateurs qui daigneront le consulter.


II. Le breton actuel est une langue celtique, — c’est-à-dire qu’il est apparenté, de fort loin déjà, au gaulois disparu depuis quinze siècles, — de plus loin encore au latin et aux langues modernes qui en descendent, — de très loin enfin, à toutes les autres langues de l’Europe, qui, à la seule exception du basque, du hongrois, du turc et du finnois, rentrent dans la grande famille linguistique