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NIKUN-NOUEN


Nikun, aucun : singulier hybride, semble contaminé de Pempr. fr. aucun et de l’empr. espagnol ninguno avec mbr. negun = lat. nec unm.

Nîch, nîj, s. m., vol des oiseaux (d’où nija « voler »), mbr. nigal (prononcer nijal), corn. nyge « voler » et nygethys « oiseau » : exactement « quitter le nid », dér. ancien du radical *nizdo-. V. sous neiz.

Niûv, s. m., chagrin, mbr. niff, vir. snim « détresse » : semble un dér. très ancien de rac. SNÊ qu’on trouvera sous néza

Niver, s. m., nombre, corn. niver et neoer, cymr. nifer, vbr. nimer. Empr. lat. numerus qui a dû être altéré en *numerus.

1 Nîz, s. m., neveu, mbr. ni « neveu » et niz* « nièce » : le msc. ni, corn noi (voc), cymr. nai, vbr. pl. mon, ir. niae, estl&celt. *neôt-, pour •nepôf-, sk. nâpàt-, « fils, petit-fils », gr. νέποδ-ες « descendants », lat. nepôs, « petit-fils, neveu », lit. nep-otis id. ; le fm. niz t corn. noith (voc), cymr. et vbr. nith, ir. necht, est le celt. *neptï t sk. napti, lat. neptis « nièce », lit. neptis, vhal. nift (aujourd’hui nichte), etc. Cf. ketiderf.

2 Nîz, s. m., variante de / nèz. V. ce mot.

Niza, vb., vanner, cymr. nith-io id. : dér. d’un celt. *nikto- « nettoyé », qu’accusent vir. necht « propre », sk. nik-tà « lavé » et ἄ-νιπ-το-ς « non lavé » ; la rac. est NIGw, sk. né-nej-mi « je lave », gr. νίζω, vir. do-fo-nug id. et nig-ther « on lave », al. nixe « nymphe aquatique », etc.

1 Noaz, s. m., tort, querelle. Empr. fr. noise.

2 Noaz, adj., nu, corn. noeth, noyth et noth, cymr. noeth, vir. nocht, gael. nochd id. : d’un celt. *nokto- 1 ppe passé à peu près identique à got. naq-aths, ag. nafc-ed et al. nack-t, et dér. du même radical que sk. nag-nâ, lat. *nogv-edo-s > nudus et vsl. nag-û.

Nodi, vb., éclore (et nodein V. « mettre bas »), mbr. nodas « il produisit » : peut-être pour *en-odi, avec un préf . différent de ceux de di-oda et èc-odi. V. ces mots, mais cf. surtout inodein.

Noed v s. m., gouttière. Empr. fr. ancien noete f., dimin. de noe, « canal, chéneau, gouttière », mais avec changement de genre.

Nouen, s. m., extrême-onction, mbr. ouenn, d’où avec l’article ann ouenn > an nouen*. Empr. lat. unguentum*. Mais cf. Ernault, R. celt., XIX, p. 320.

[1]

[2]

[3]

  1. Signifierait donc « entortillement, embarras ».
  2. Remplacé aujourd’hui par un fm. pléonastique niz-ez. Cf. léanex. H. Cf. naoz, etc. : phénomène inverse de celui de / aer, etc.
  3. Ou unguendum gérondif ; cf. méren, o/éren, 3 lenn, péden, etc.