Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/325

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déterminer avec exactitude les tenants et les aboutissants, des clartés tout à fait inattendues sur l’objet caché que l’on essaye de découvrir. J’ai donc pensé que ce qui, dans le texte de Platon, faisait difficulté, devait non seulement s’expliquer, mais encore tourner à la confirmation du point d’histoire littéraire que j’avais établi plus haut.

La difficulté git dans ces paroles de Platon : vois donc ce qu’Hippocrate et la raison pourraient dire sur la nature (Σϰόπει τί ποτέ λέγει ’Ιπποϰράτης τε ϰαὶ ὁ ἀληθὴς λόγος) : à la suite de quoi, Platon expose comment on doit étudier la nature d’un objet quelconque. Or ce détail n’est pas, textuellement du moins, dans le traité de l’Ancienne médecine ; c’est un fait, et loin de le nier, je le constate. Si donc ces mots : (Σϰόπει τί ποτέ λέγει ’Ιπποϰράτης τε ϰαὶ ὁ ἀληθὴς λόγος) annoncent une citation textuelle d’Hippocrate, comme cette citation ne se trouve ni dans le traité de l’Ancienne médecine ni ailleurs, tout ce que j’ai établi tombe, et nous avons perdu le livre auquel Platon fait allusion. Mais je maintiens que ce n’est pas une citation textuelle, et je vais le démontrer par le passage même de Platon.

Il y a dans ce passage trois points :

1° la méthode d’Hippocrate ; 2° l’intention de soumettre cette méthode au jugement de la raison ; 3° l’annonce de ce que diront Hippocrate et la raison. Ainsi ce que vont dire Hippocrate et la raison, est ce jugement même porté sur la méthode. Par là Platon indique que ce développement, qu’il attribue simultanément à Hippocrate et à la raison, n’est pas du médecin de Cos, mais que c’est lui, Platon, qui examine et juge la valeur de la proposition d’Hippocrate.

C’est pour répondre à cette pensée de Platon que j’ai traduit : vois donc ce qu’Hippocrate et la raison pourraient dire sur la nature. Cette traduction fait sentir que ce qui va