Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/326

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être dit est, non pas une citation d’Hippocrate, mais un développement de sa pensée.

Tous les traducteurs que j’ai consultés ont rendu autrement ce membre de phrase ; ils ont mis : vois ce que disent Hippocrate et la raison. Cette traduction ne répond pas au sens même du texte, et donne du louche à tout le morceau ; en effet, elle porte à croire que ce qui va être dit est textuellement emprunté à Hippocrate ; alors il est impossible de comprendre comment Platon, qui veut soumettre une proposition d’Hippocrate au jugement de la raison, cite Hippocrate lui-même en garantie.

En effet, on a négligé une petite observation grammaticale qui aurait pu remettre sur la bonne voie. Le Grec ne dit pas : τί λέγει Ἱπποϰράτης τε ϰαὶ ὁ ἀληθὴς λόγος, mais : τί ποτε λέγει. Il y a là une nuance qui n’a pas été saisie. La particule explétive n’est jamais inutile ; parfois, il est vrai, la distinction est si fugitive, qu’une traduction l’omettra sans inconvénient, mais d’autres fois elle ne peut être négligée impunément ; ici elle donne à la phrase une signification dubitative dont il faut tenir compte, et que j’ai indiquée dans ma traduction en disant : vois donc ce qu’Hippocrate et la véritable raison pourraient dire sur la nature. De cette façon, ce qui va être dit est simplement un développement de la proposition d’Hippocrate, une explication de la méthode, explication que la raison approuve et confirme. La nuance que je signale ici n’est même pas aussi délicate qu’elle le paraît au premier abord. En effet, du moment que l’attention est appelée sur ce point, on reconnaît qu’il y a une difficulté inaperçue des traducteurs, mais difficulté réelle, pour savoir comment Platon entend soumettre la méthode d’Hippocrate au jugement de la raison, tout en invoquant simultanément le témoignage d’Hippocrate et de la raison. Mettez : vois ce