Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/394

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au cœur. Or, voici sur ce point l’opinion de l’auteur inconnu dont il s’agit ici : Il est dit dans le traité de la Nature de l’enfant, que toutes les veines se terminent dans les doigts des pieds et des mains, et que les plus grosses veines du corps sont dans la tête[1] ; il est dit dans le 4e livre des Maladies que le cœur est la source du sang [2] ; il est dit dans ce même 4e livre des Maladies que des veines appelées jugulaires naissent du cœur, et qu’elles distribuent le sang à la tête, et à tout le corps [3], Quoique dans ces diverses propositions une doctrine ne soit pas véritablement formulée, cependant on y voit que l’auteur admet, comme Polybe et comme Syennésis de Chypre, que les plus grosses veines sont dans la tête, et que de là elles vont en diminuant jusqu’aux doigts des pieds et des mains ; qu’il admet, comme Platon, que le cœur est la source du sang ; qu’il admet enfin que les veines jugulaires partent du cœur pour se rendre à la tête. Cet ensemble d’opinions anatomiques tient beaucoup plus à celles de Polybe et des anciens hippocratiques qu’à celles d’Aristote. Rien donc n’empêche de placer cet auteur avant Aristote, conformément à l’opinion de Galien et d’Érotien, qui attribuent ces livres, le premier à Polybe, le second à Hippocrate.

Érasistrate, en combattant l’opinion de Platon, qui soutenait qu’une partie des boissons passe dans les poumons, avait demandé comment, si cela était vrai, il se faisait que la farine avalée avec le cycéon (sorte de breuvage en usage

  1. Τελευτῶσι γὰρ αἱ φλέϐες αἱ τοῦ ἀνθρώπου πᾶσαι ἐς τοὺς δαϰτύλους τῶν ποδῶν ϰαὶ τῶν χειρῶν, ϰαὶ παχύταται μέν εἰσιν αἱ ἐν τῷ σώματι φλέϐες, αἱ ἐν τῇ ϰεφαλῇ.. Ρ. 33, Ed. Frob.
  2. Τῷ μὲν δὴ αἵματι ἡ ϰαρδίη ἐστι Ρ. 166, Ed. Frob.
  3. Ἐξ αὐτῆς (ϰαρδίης) παχεῖαι φλέϐες τείνουσιν, ϰαὶ σφάγιαι ϰαλεόμεναι… ϰαὶ πιμπλάμεναι ϰεῖναι τῇ ϰεφαλῇ τῷ σώματι διδόασιν ἐν τάχει.. Page 168, Ed. Frob.