Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/485

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qui lancent les dés, prescrivent des traitements qui, s’ils échouent, sont très funestes aux malades. Ceux qui commencent l’étude de la médecine croiront, j’en suis certain, comme j’ai cru jadis, que ce conseil, être utile ou du moins ne pas nuire, est indigne d’Hippocrate ; mais les praticiens, je n’en suis pas moins sûr, en comprendront toute la portée, et, si jamais il leur arrive de faire du mal à leurs malades par l’administration intempestive de quelle que remède actif, ce sera surtout alors qu’ils concevront le sens et la gravité de l’avertissement qu’Hippocrate leur a légué. »

Le chef de l’école de Cos rappelle fréquemment à la mémoire des médecins les devoirs qu’ils ont à remplir, et les règles d’attention, de soin, de prudence que leur impose leur profession à l’égard des malades. Il a complètement exposé son sentiment sur cet important objet en ce peu de mots : « L’art médical a trois termes: la maladie, le malade et le médecin. Le médecin est le serviteur de l’art ; et, avec le médecin, le malade doit combattre la maladie [1]. » Ailleurs il dit : « La première considération à avoir dans toute la médecine, est de guérir la maladie [2]. » Ce sentiment est naturel dans un homme qui aime sa profession, qui en sent la valeur, et par conséquent les obligations et la responsabilité morales. L’amour de la profession médicale est manifesté par Hippocrate en une foule de passages. Le mot dont il se sert pour désigner la profession est l’art (ἡ τέχνη). Tout ce qui pourrait la compromettre ou en diminuer le crédit

  1. Ἡ τέχνη διὰ τριῶν, τὸ νούσημα, ὁ νοσέων ϰαὶ ὁ ἰητρός· ὁ ἰητρὸς ὑπηρέτης τῆς τέχνησ· ὑπεναντιοῦσθαι τῷ νουσήματι τὸν νοσεῦντα μετὰ τοῦ ἰητροῦ χρή. Epid. 1, p. 304, Éd. Basil.
  2. Χρὴ δὲ περὶ πλείστου μὲν ποιέεσθαι ἐν πάσῃ τῇ τέχνῃ, ὅϰως ὑγιὲς μὲν ποιήσῃς τὸ νοσέον. De Artic, p. 500, Ed. Basil.