Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/66

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et comme Euryphon est antérieur même à Hippocrate, c’est à lui qu’il faut en rendre la propriété. Voilà un premier point établi : il existe dans la collection hippocratique des morceaux qui sont attribués à Hippocrate, mais qui, de toute certitude, appartiennent à d’autres écrivains. Ainsi s’ouvre la porte aux conjectures qui sont autorisées à étendre, bien au-delà des deux ouvrages cités plus haut, le cercle des compositions pseudo-hippocratiques, d’autant plus que la Collection tout entière est une réunion d’écrits simplement juxta-posés, sans aucune liaison intérieure. Il est donc permis de croire que beaucoup d’autres livres sont, à tort, décorés du nom du chef de l’école de Cos. Cela sera plus loin examiné avec détail. Il me suffit dans le commencement d’avoir établi le fait sur deux exemples irrécusables.

Les renseignements que l’on trouve dans la Collection sont de différents genres. Beaucoup se rapportent à la pratique des autres médecins, et l’on y voit des critiques sur les moyens qu’ils emploient, sur leurs diagnostics, sur leurs pronostics, sur leurs opinions théoriques. Il faut donner les principaux exemples. L’auteur du Quatrième livre des maladies dit[1] que les anciens médecins se trompaient surtout sur la connaissance des jours ; car ils purgeaient leurs malades dans les jours impairs, et les faisaient périr. Le même écrivain

    Βρυγμὸς ἄλλοτε ϰαὶ ἀλλοτε, ϰαὶ τὴν ϰεφαλὴν ἀλγέει. Καὶ τὰ σπλάγχνα ὀδύνη ἴσχει, ϰαὶ ἐμέει χολὴν, ϰαὶ ὅταν ὀδύνη ἔχη, ἐνορᾷν οὐ δύναται, ὅτι βαρύνεται, ϰαὶ ἡ γαστὴρ ξηρὴ γίνεται, ϰαὶ ὁ χρὼς πελιὸς ἅπας, ϰαὶ ἐξορᾷ ὥσπερ ἀπαγχόμενος, ὅτε δὲ ἧσσον τοῦτο πάσχει, ϰαὶ μεταϐάλλει πολλάϰις.

  1. Page 172, Ed. Frob