Page:Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v9.djvu/236

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111 Hl StÙIRË PHT LOSOPniQUt

les villes , au nom de Féîat , proftitués à^nt les cours à Tintérêt & au vice , vont groffic le fafle d’une troupe d’hommes qui flattent, haïfTent & corrompent leur maître , vont dans des mains plus viles encore payer le fcandale & la honte de les plaifirs. On les prodigue pour un appareil de grandeur , vaine décoration de ceux qui ne peuvent avoir de grandeur réelle , pour des fêtes , reffource de l’oiriveté impuiffante au milieu des foins & des travaux que demanderoit un empire à gouverner. Une portion , il eft vrai , fe donne aux befoins publics : mais l’incapacité diftraite les applique fans jugement commue fans économie. L’autorité trompée , & qui ne daigne pas même faire un effort pour ceffer de l’être , foulfre dans l’impôt une diftribution injude , -itne perception qui n’efl elle-même qu’une opprefTion de plus. Alors tout fentim.ent patriotique s’éteint. Il s’établit une guerre entre le prince & les fujets. Ceux qui lèvent les revenus de l’état ne paroiffent plus que les ennemis du citoyen. H défend fa fortune de l’impôt , comme il la défendroit d’une invafion. Tout ce que la rufe peut dérober à la force , paroît un gain légitime ;