Page:Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v9.djvu/244

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Histoire philosophique


leçons de la liberté & de l'indépendance» D’ailleurs ces peuples livrés preſque tous à l'agriculture & au commerce, à des travaux utiles qui élèvent & fortifient l’ame en donnant des mœurs ſimples, auſſi éloignés juſqu’à préſent de la richeſſe que de la pauvreté, ne peuvent être encore corrompus ni par l'excès du luxe, ni par l’excès des beſoins. C’eſt dans cet état ſur-tout, que l’homme qui jouit de la liberté, peut la maintenir & ſe montrer jaloux de défendre un droit héréditaire qui ſemble être le garant le plus ſur de tous les autres. Telle étoit la réſolution des Américains.

XL. L'Angleterre exige de ſes colonies ce qu'il ne falloit que leur demander

Soit que le miniſtère Britannique ignorât ces diſpoſitions ; ſoit qu’il eſpérât que ſes délégués réuſſiroient à les changer, il ſaiſit le moment d’une paix glorieuſe pour exiger une contribution forcée de ſes colonies. Car, qu’on le remarque bien, la guerre heureuſe ou malheureuſe ſert toujours de prétexte aux uſurpations des gouvernemens, comme ſi les chefs des nations belligérantes s’y propoſoient moins de vaincre leurs ennemis que d’aſſervir leurs ſujets. L’an 1764 vit éclorre ce fameux acte du timbre, qui dé-