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LABRADOR ET ANTICOSTI

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Jusqu’à l’année 1867, tout le territoire du Labrador faisait partie du diocèse de Québec. Lorsque Rimouski fut érigé en siège épiscopal, tout cet immense pays du nord-est fut détaché de Québec et englobé dans le nouveau diocèse, qui s’étendit ainsi des deux côtés du fleuve ou plutôt du golfe Saint-Laurent. Il est facile d’avoir quelque idée des immenses travaux que dut s’imposer l’évêque de Rimouski, Mgr J. Langevin, pour organiser, avec de faibles ressources, un diocèse d’une telle étendue et dans un pays encore peu développé. Ne pouvant recruter son clergé qu’à grand’peine, il lui fallait encore pourvoir à la desserte des missions éloignées et difficiles de la côte du Labrador. Lui-même, en l’année 1875, parcourut en goélette, même au péril de sa vie, la plus grande partie du Labrador et de l’Anticosti, et se convainquit qu’il ne pouvait efficacement diriger d’aussi loin une desserte de cette importance. Il proposa donc à ses collègues de la province ecclésiastique de séparer tout ce territoire du diocèse de Rimouski, et de le faire ériger en préfecture apostolique. Ce plan fut agréé de l’épiscopat, et soumis au Saint-Siège qui le mit à exécution. Ainsi fut érigée, en 1882, la Préfecture apostolique du golfe Saint-Laurent, qui comprenait toute la partie nord-est de la province de Québec, depuis la rivière Portneuf, sur la côte nord du fleuve Saint-Laurent jusqu’au Blanc-Sablon, et s’étendait au nord et à l’ouest jusque vers le détroit et la baie d’Hudson ; la grande île d’Anticosti s’y trouvait aussi comprise. La Pointe-aux-Esquimaux devenait le chef-lieu de la Préfecture.

Le prêtre désigné pour remplir les fonctions de préfet apostolique était l’abbé F.-X. Bossé, alors curé de Douglastown (Gaspé). Ordonné prêtre en 1863, il avait passé toute sa carrière sacerdotale dans les missions de la Gaspésie. La vigueur physique, les talents, l’expérience, le véritable esprit ecclésiastique, tout le désignait pour le rôle difficile qu’on lui