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NATASHQUAN

Depuis la mi-juillet, on fait la pêche du hareng, en même temps que celle de la morue. Certaines années, le hareng est en grande abondance.

Le printemps, « on va au loup marin », et ce voyage se fait à peu près dans les conditions que j’ai exposées assez longuement en traitant de la Pointe-aux-Esquimaux. Il y a toujours eu, à Natashquan, assez de goélettes pour employer tous les hommes valides. Mais depuis que la population a tellement diminué par l’exode de 1886, ces expéditions ne se font plus en grand comme autrefois. En 1895, cinq goélettes seulement ont fait le voyage. Ordinairement, l’équipage de chaque vaisseau se compose de neuf hommes, plus un cuisinier. Comme je l’ai dit précédemment, ces voyages, exécutés à cette saison, ne sont pas des parties de plaisir, surtout quand les glaces entraînent les goélettes jusqu’en dehors du détroit de Belle-Isle. Si encore la chasse était toujours bonne ! Mais il y a des années où elle ne donne rien.

* * *

Il reste à parler de la pêche au saumon. La grande rivière Natashquan passe pour l’une des meilleures rivières à saumon du pays ; on y prend même des pièces de quarante livres.[1] Les gens de la Compagnie de la baie d’Hudson ont tiré bon parti, autrefois, des ressources de cette rivière. Mais cette place de pêche n’a plus la valeur de jadis, bien qu’elle en ait encore beaucoup. Elle est aujourd’hui louée à un Québecquois, du nom de Carbonneau. De plus, en dehors de l’embouchure de la rivière, il y a quatre « tentures » à saumon.

On sale tout le saumon que l’on prend ainsi dans la rivière ou en dehors. Natashquan est évidemment bien trop éloigné des marchés, pour qu’on puisse expédier le poisson à l’état frais et profiter du prix beaucoup plus avantageux qu’obtient toujours cette denrée de choix, célèbre chez les gourmets, et

  1. Nos Rivières et nos Lacs, 1895, pp. 17-18.