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TOPOGRAPHIE DU LABRADOR ORIENTAL

nombreux dans les filets qu’on vous laisserait brûler de la poudre dans les environs ! Car rien ne compromettrait davantage le succès de la pêche, ces animaux étant très craintifs. Aussi, lorsque leur passage est signalé quelque part le long des côtes, il n’est plus même permis à un simple canot de voguer sur la surface des eaux.

Quand les loups marins sont noyés, on les retire de l’eau avec une tige de fer terminée en crochet. On passe ce crochet sous la gorge ou l’épaule de l’animal, et on l’enlève aisément. Pendant que nos pêcheurs pomeillent, c’est-à-dire lèvent leurs filets, faisons une petite excursion dans l’histoire ancienne de La Tabatière.

Le 16 janvier 1841, le Dr Morin lisait devant la « Société historique et littéraire de Québec » un mémoire intitulé : Notes on the coast of Labrador, by Mr Samuel Robertson of Sparr Point. Ce Robertson avait acquis les pêcheries de la côte, après la dissolution (1820) de la Labrador Company, qu’avait établie Adam Lymburner, l’un des gros marchands de Québec, devenu le propriétaire de l’ancienne seigneurie de Brador. Samuel Robertson et son frère John ouvrirent deux établissements de pêche, l’un à la baie de La Tabatière, l’autre un peu plus haut, à l’endroit nommé Vieux-Poste. Samuel légua son poste de pêche à son fils de même nom ; et celui-ci fit de même en faveur de ses deux fils Henry et Alfred, qui sont encore actuellement en possession de ce poste de La Tabatière. Quant au Vieux-Poste, il est maintenant la propriété de la famille Gallichon qui y réside.

L’abbé Ferland, en parlant de La Tabatière et de son fondateur, l’Écossais Samuel Robertson, raconte[1] plaisamment l’entreprise fort hasardeuse que celui-ci voulut un jour tenter, et qui consistait à prendre des baleines au filet ! Cela avait autant de chances de réussir, que si l’on voulait prendre un caribou dans une toile d’araignée. Une baleine se rencontra bientôt pour le

  1. Le Labrador