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TOPOGRAPHIE DU LABRADOR ORIENTAL

Le Vieux-Fort est situé à 18 milles à l'est de la baie des Rochers, et à 5 milles à l’ouest de Bonne-Espérance. Il a été assez parlé, au chapitre précédent, de son histoire ancienne, pour qu’il n’y ait pas à y revenir. Ses habitants actuels sont presque tous protestants.

Environ deux milles avant d’atteindre Bonne-Espérance, on rencontre la fameuse rivière Saint-Paul ou rivière des Esquimaux. Ce cours d’eau est à peu près sans rival, dans le bas Labrador, pour sa longueur et sa largeur, et pour la prodigieuse abondance du saumon qui s’y trouve. Toutefois, quant à ce dernier point, il faut ajouter que depuis quelques années la pêche au saumon n’y est plus aussi profitable. Nous verrons plus tard quelle est la cause de cet appauvrissement.

Sur les deux rives de l’estuaire de la rivière Saint-Paul, il y a un village composé d’une vingtaine de familles, catholiques pour la plupart. On y construit ou l’on y construira très prochainement une maison d’école, qui servira provisoirement de chapelle lorsque le missionnaire y donnera la mission.

« Le port de Bonne-Espérance, dit l’abbé Ferland, est un des plus vastes du Labrador ; il est complètement abrité par deux ou trois rangs d’îles, et on y peut entrer par quatre passages différents.»

Il n’y a là à peu près que des protestants.

Un M. White exploite à Bonne-Espérance un grand établissement de pêche à la morue, où 150 hommes trouvent de l’emploi.

Baie-de-Brador[1] — De Bonne-Espérance, on aperçoit la Longue-Pointe, qui termine à l'est la baie de Brador : c’est une distance d’environ vingt milles. Un peu avant de pénétrer dans la baie, du côté occidental, on rencontre les postes de Salmon

  1. « Du temps de Jacques Cartier, cette baie portait le nom de port des Ilettes. Elle fut accordée par le gouvernement français au sieur Le Gardeur de Courtemanche, qui lui donna le nom de baie de Phélypeaux ; le fort qu’il bâtit à l’entrée du port fut appelé fort Pontchartrain. » (Ferland, Le Labrador.)