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LABRADOR ET ANTICOSTI

Aussi, le pauvre prêtre est-il réduit à mendier souvent ses transports d’un poste à l’autre, à voyager dans de misérables embarcations, exposé à compromettre sérieusement sa santé. Pour la mission d’été, surtout, il lui est encore plus difficile de se faire transporter d’un endroit à l’autre, les hommes étant tous occupés à la pêche.

Pourtant, en dépit de conditions si défavorables, et malgré le travail des protestants, les catholiques conservent au moins leurs positions. Mais il est grand temps, si l’on veut y sauvegarder les intérêts de la vraie religion, il est grand temps que l’on vienne au secours de ces missions[1]. Le grand danger pour l’Église catholique, en ces endroits, c’est l’ignorance absolue où reste la jeunesse, faute d’écoles où elle puisse s’instruire. Le gouvernement provincial, mis au fait de cet état lamentable de l’instruction publique dans un vaste territoire, ne se résoudra-t-il pas à tenter un grand effort pour y porter remède ?

Les autorités ecclésiastiques, qui certes font bien tout leur possible afin de pourvoir au salut des âmes de cette région, ont donné de sérieuses garanties à l’avenir religieux de ce pays en y installant, depuis quelques années, des missionnaires résidants.

Autrefois, les évêques envoyaient chaque été des prêtres séculiers ou réguliers qui parcouraient tous les postes et y distribuaient les secours religieux ; plus tard, les missionnaires de Natashquan furent chargés de la desserte de tout le pays jusqu’au Blanc-Sablon (éloigné d’environ 250 milles de Natashquan).

Voici la liste, aussi exacte que j’ai pu la trouver, des missionnaires qui ont exercé le saint ministère en cette région du bas Labrador, dans l’une ou l’autre des conditions que je viens d’exposer :

  1. Durant l’été de 1898, S. G. Mgr Labrecque fera la visite pastorale de la côte du bas Labrador, où l’on n’a encore jamais vu d’évêque catholique.