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GODBOUT — POINTE-DE-MONTS

occupé principalement des oiseaux, des mammifères et des poissons du Labrador ; mais il a donné aussi de l’attention aux autres branches de l’histoire naturelle. Il a publié des notes sur le castor canadien dans le Forest and Stream, de New-York. Le professeur Merriam a utilisé, pour son ouvrage sur les mammifères des Adirondacks, les renseignements qu’il reçut de lui sur le pékan (marte du Canada). Du reste, il a eu des rapports avec plusieurs naturalistes qui sont venus au Labrador : Couper, en 1868 et 1872 ; Coues, en 1894 ; etc. Couper qui dans son second voyage se rendit jusqu’à Natashquan, le chargea de recueillir pour lui des lépidoptères de Godbout. Ce fut en cette occasion, et à Godbout même, que M. Comeau captura le spécimen-type du Glocausyche Couperi. Par l’entremise de Couper, il procura à Edwards, qui en avait besoin pour son grand ouvrage sur les papillons de l’Amérique du nord, la chrysalide du Papilio brevicauda, qu’il obtint en élevant la chenille. Un greenback de $10 témoigna la reconnaissance du lépidoptérologiste américain. Je donne ce détail à seule fin de faire un peu rêver mes confrères les entomologistes du Bas-Canada ! Depuis nombre d’années, M. Comeau a fourni ainsi en quantité des oiseaux, des mammifères, etc., du Canada. Combien n’est-il pas regrettable que nos gouvernements d’Ottawa et de Québec, et nos institutions scientifiques ne puissent, à l’instar de nos riches voisins, utiliser les connaissances et l’habileté d’un homme comme M. Comeau ! Plus tard, on aura sans doute les ressources nécessaires, mais l’homme manquera.

Pour moi, qui ai l’avantage de pouvoir puiser à pleines mains dans la caisse du Naturaliste canadien, je n’ai eu garde de laisser passer l’occasion, et je me suis assuré la collaboration de M. Comeau, qui, de ce chef, comme mes autres dévoués collaborateurs, aura part abondante de revenus sous forme de gratitude de la part du directeur de la revue. Aux États-Unis on fait fortune en se dévouant à la science. Ici, on y gagne seulement de la reconnaissance : c’est plus beau, quoique moins pratiquement avantageux.