Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/256

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1881.


6 Janvier. — Je suis allé à l’Académie pour Deschanel à nommer au Collège de France. Il y aura demain 7 janvier quarante ans que je suis de l’Académie. Si Mignet mourait avant moi je serais le doyen.


26 février. — Ma fête[1]. Après le déjeuner est venu Émile Allix, Louis Ulbach avec toute la représentation de l’Internationale[2]. Il m’a apporté deux gros volumes contenant 10 000 signatures. Ma médaille m’arrive d’Italie. Couronne de la Comédie-Française.


28 février. — Il est arrivé ces jours-ci de tous les points du globe (jusqu’à Élisabeth-grande, ville de la plus lointaine frontière russe) des télégrammes, lettres, envois de toute espèce, au moins deux mille exemplaires auxquels il est impossible de répondre.


24 juin. — Hier Schœlcher a apporté au Sénat un exemplaire de Notre-Dame de Paris d’il y a cinquante ans, formé d’épreuves corrigées par moi. Cet exemplaire a été payé 2 000 francs.


9 juillet. — Saint-Victor est mort. Coup violent. J’ai pleuré. C’était une noble et grande âme. Il était de ma famille dans le monde des esprits. C’était un cœur et un esprit qui ne se perdent pas. Il faudra s’occuper de sa fille.

C’est la fête de Passy. Passy fait de sa fête ma fête. Elle a envoyé une marche aux flambeaux, deux bouquets d’artifice, etc., devant ma maison. Depuis deux heures (ce soir) foule énorme et acclamations devant ma porte.


10 juillet. — La fête continue. Musiques et fanfares ne cessent de défiler.


12 juillet — On met aujourd’hui à l’avenue d’Eylau le nom d’avenue Victor Hugo.

  1. Voir Actes et Paroles, la Fête du 26 février. (Note de l’éditeur.)
  2. Association littéraire internationale. (Note de l’éditeur.)