Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/372

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


phénomène souverain de civilisation. Le tourment de Paris, c’est une nécessité magnanime de cosmopolitisme. Cette ville n’appartient pas à un peuple, mais aux peuples ; elle est le fait démocratique à sa plus haute expression ; le genre humain a droit à Paris. La France, cette désintéressée sublime, le comprend. Les peuples ont des devoirs vis-à-vis d’eux-mêmes, et d’autres vis-à-vis de la Fraternité. Ce travail de formation, dit Progrès, a des conditions variées et des besoins divers. À cette heure, tel peuple doit concentrer sa nationalité, et tel autre doit la répandre. Il est nécessaire que l’Italie reprenne Rome, et que la France abdique Paris. Abdication féconde.




Ce qu’il y a de profond, c’est que, tout en donnant Paris à la civilisation, la France le garde. Paris est surtout une clarté ; cette clarté qui se disperse adhère à son foyer, qui est la France. Paris, c’est la France à sa plus haute expression, de même qu’Athènes est la Grèce à son plus haut degré.