Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/112

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esprit et qu’il s’est révélé à moi comme un des plus nobles cœurs, et remercie-le. Remercie aussi notre bien cher Théophile qui devrait bien aller à Constantinople par Bruxelles afin que je lui serre un peu les deux mains.

Vois les propriétaires. Tâche de résilier le bail à l’amiable. Ce serait la meilleure solution. Je t’enverrai prochainement une liste estimative du minimum auquel il faudrait vendre certains meubles et au dessous duquel il faudrait les retirer. Du reste, je pense comme toi qu’il faut tâcher de ne rien ôter de la vente. — Tu ne me dis pas s’il t’a été fait quelque difficulté à la douane pour le plat de cuivre. Je t’enverrai aussi l’adresse où tu pourras faire porter et serrer les meubles réservés. On en aura très grand soin. Je t’ai déjà dit où. C’est près de la maison. — Ne pas vendre, cela va sans dire, les deux fauteuils aux armes de mon père.

Aie bien soin de mes manuscrits d’ouvrages publiés. Il y a encore là quelques petits manuscrits inédits, entre autres un acte d’Angelo[1]. Je te le recommande. Je te recommande tous les papiers, aies-en grand soin. Beaucoup peuvent être écrits par moi. Mets aussi de côté et rapporte moi quatre ou cinq rouleaux de copies de mes manuscrits inédits qui sont dans l’armoire de laque venant de ton père. Ne vends pas les étoffes non employées, surtout le satin de Chine à fleurs d’or. Tu trouveras dans le grenier un exemplaire complet du grand ouvrage d’Égypte donné autrefois par le ministère de l’Instruction publique. Il est neuf et complet, cartonné. Cela se vend très bien. Du reste ne vends aucun livre excepté celui-là. Si pourtant quelque guetteur se présentait, fais m’en part.

Hetzel est venu hier. Je verrai ses propositions. Tu fais bien d’ajourner Gosselin jusqu’à ce que j’aie vu ce qu’il y a du côté d’Hetzel. Voici le mot pour M. Ridel[2]. Mets sous enveloppe et envoie.

Chère bien-aimée, cette lettre est affaires d’un bout à l’autre. À peine ai-je pu te dire un mot de mon cœur. Tu m’es nécessaire, entends-tu bien. Tu as été grande et admirable dans toutes ces traverses. Ne doute pas une minute, ni du présent, ni de l’avenir. Tu verras comme nous ferons un petit groupe heureux à Jersey. Nous t’embrassons bien tendrement, Charles et moi. Si Jersey traînait en longueur, tu viendrais nous rejoindre à Bruxelles. Dis à Victor que sa chambre (la tienne) est prête.

Chère femme, chère fille, je vous aime. Vous êtes mon bonheur et ma joie. Presse le procès.

Mes plus tendres amitiés à Paul Meurice. Auguste est-il de retour ?

  1. Cet acte est publié dans le troisième volume de théâtre, Édition de l’Imprimerie Nationale, et a été joué pour la première fois au théâtre Sarah Bernhardt, lors de la reprise d’Angelo, le 7 février 1905.
  2. Commissaire-priseur chargé de la vente.