Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/284

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À Paul Meurice[1].


8 décembre [1857].

Notre ami est heureux[2]., il va vous serrer la main. Nous, nous sommes tristes de le perdre. Cela ne m’empêche pas de vous écrire et je ne veux pas qu’il vous aborde sans vous remettre un mot de moi. Il va vivre quelque temps de votre vie, retrouver votre cordial sourire, votre douce et profonde causerie, votre fraternité si tendre, si noble et si vraie. J’aurais bonne envie de l’envier ; j’aime mieux me contenter de vous aimer bonnement tous les deux.

Vous savez que je me suis décidé ou plutôt qu’on m’a décidé aux Petites Épopées[3]. Cela va se publier. On m’a donné d’excellentes raisons pour cela ; et je me laisse faire. Voilà encore un ennui qui va vous arriver ; car je m’adresserai encore à vous pour mille soins fraternels et paternels ; vous avez pris les Contemplations sous une de vos ailes ; voudrez-vous prendre les Petites Épopées sous l’autre ? — Mettez-moi aux pieds de votre gracieuse et noble femme. Je vous embrasse tendrement.

V.[4]


Monsieur Th. de Banville[5].
à l’Établissement hydrothérapique, Bellevue près Paris.


Hauteville-House, 26 Xbre 1857.

J’ai lu votre livre lentement[6] ; je ne l’ai pas lu, je l’ai savouré ; je l’ai bu goutte à goutte, cher poëte, il me semblait que j’avais peur d’en voir la fin, comme si ces livres-là étaient de ceux qui se vident, et comme si l’on pouvait trouver le fond de ces pleines coupes de poésie ! — Que vous avez bien fait de nous donner ce livre, que vous avez bien fait de [le] donner à ceux qui sont à Paris, et qui vivent toutes ses joies et tous ses enivrements ! que vous avez bien fait de le donner à ceux qui sont absents et qui sondent toutes ses profondeurs et toutes ses mélancolies ! — C’est une idée charmante que vous avez eue là de rappeler toute votre éblouissante

  1. Inédite.
  2. Auguste Vacquerie.
  3. Premier titre de La Légende des Siècles.
  4. Bibliothèque Nationale.
  5. Inédite.
  6. Poésies complètes.