Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/369

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


cette heure, me serait lourd. Quant aux 50 fr. je te les envoie. J’avance volontiers à Adèle les frais de la gravure de sa musique, elle est libre de dépenser à cela une partie des 500 fr. que je lui ai donnés, cependant c’est, dans son intérêt, une mauvaise voie. Je croyais qu’il était entendu que M. H.[1] lui avait promis un éditeur ; il faut, pour qu’une affaire réussisse, un éditeur qui fasse les frais, et qui soit pécuniairement intéressé au succès. Faire les frais soi-même, c’est le moyen sûr de n’avoir personne qui s’intéresse à la vente, et de manquer le succès. Cela dit, j’envoie à Adèle ses 50 fr. Du reste, je te prie, ne fais pas de note. N’oublie pas que dans le détail de tes 370 fr. par mois, écrit sous ta dictée, les timbres-poste sont à ta charge. Quelle ennuyeuse lettre, mon Dieu ! et que j’aimerais mieux vous avoir ici, et vous embrasser, et être heureux tous ensemble, dans ce charmant jardin plein de soleil et de fleurs qui est là sous ma fenêtre.

D’après ton désir, Jeanne étant placée, je ne l’ai point reprise. Rosalie m’ayant dit que tu désirais avoir la sœur de Cœlina, laquelle est placée à Aurigny chez le procureur de la reine, j’ai fait venir cette sœur qui s’appelle Virginie, qui a dix-sept ans, et paraît fort zélée et grande travailleuse. Elle est habituée à se lever à 5 h. 1/2 du matin. Du reste, elle a la mine proprette que tu désires. Je l’ai donc arrêtée pour toi, aux gages de Cœlina (17 francs par mois). Elle a donné congé à ses maîtres, et sera ici le 5 novembre (plus tôt si tu le souhaites). Tu vois, chère amie, que je n’oublie pas ce qui peut te satisfaire et que je fais de mon mieux.

J’ai pour deux grands mois de travail d’arrache-pied aux Misérables. Après quoi, je me reposerai dans un autre ouvrage.

Tout va bien ici, Victor est charmant, très gai et très causeur. Il fait ce qu’il peut pour être à la fois lui et Charles. Mais c’est égal Charles me manque ; j’aimerais mieux les avoir tous les deux en deux volumes. Adèle et toi, vous êtes aussi mes plus chers besoins. Revenez vite. Je vous embrasse tous et toutes tendrement[2].


À Messieurs Lacroix et Verboeckhoven[3].


Hauteville-House, 20 septembre [1861].

Messieurs, je complète les indications désirées par vous. L’action du livre est une ; les trois parties existent sous des titres spéciaux, mais tout le livre tourne autour d’un personnage central qui le résume. C’est le drame

  1. Hetzel.
  2. Bibliothèque Nationale.
  3. Inédite.